Le Visuel est en ligne

On connaît bien le dictionnaire Visuel, qui présente pour des thèmes allant de l’anatomie humaine aux transports en passant par les animaux, des planches précises avec des termes français et anglais. Il permet aussi bien d’étendre le vocabulaire dans sa propre langue que d’apprendre des termes anglais. Disponible aussi en CD-ROM, le Visuel est maintenant en ligne sur Internet.

La version en ligne s’adapte au média. Par rapport au livre, elle offre des animations, des illustrations sonores et même des visualisations en 3D. Elle donne aussi un lien systématique vers Wikipédia, projet dont elle est partenaire officielle. C’est du reste intéressant de connaître les conditions pour un partenariat avec Wikipédia: avoir son propre nom de domaine, ne pas être un site pour adultes et ne contenir aucune publicité pour des sites adultes, atteindre un trafic d’au moins 5 000 visiteurs uniques par jour.

http://www.infovisual.info/

Le Visuel intègre aussi de la publicité, en utilisant le système de Google. Cela donne peut-être une idée de l’encyclopédie que Google est en train de lancer sur le modèle de Wikipédia, sous le nom de Knol (comme knowledge), et dont les articles seront susceptibles de contenir aussi de la pub.
Faut-il diaboliser ce type de publicité. La “réclame” qu’on trouve dans les médias traditionnels nous est imposée. Même si on achète une voiture tous les 10 ans seulement, on doit subir de la publicité pour les voitures entre deux achats. La publicité sur Internet est contextuelle: elle est liée au sujet sur lequel nous effectuons des recherches et peut donc s’avérer utile en nous mettant en contact avec le service dont nous avons besoin. Il ne s’agit pas de messages matraqués, mais d’une micro-pub, de micro-campagnes correspondant au modèle économique de la longue traîne.

http://googleblog.blogspot.com/2007/12/ … ibute.html

Patrimoine portugais

Le site Matriz (Inventário e Gestão de Colecções Museológicas) a pour but de réunir les catalogues des musées portugais dans une interface unique. Il s’insère dans le cadre du programme eEurope et s’est fait sous l’égide de l’Instituto Português de Museus. Plus de 30’000 objets provenant d’environ 25 musées sont accessibles. Il est possible de faire des recherches selon le musée, le domaine, l’artiste, des mots-clés. Les requêtes peuvent également être modulées selon le type d’utilisateur: grand public ou scientifique. Derrière le site se cache, semble-t-il, un système de gestion des collections assez complexe.
La banque de données du site permet aussi de visualiser les objets qui ont été exposés lors d’expositions temporaires. Malheureusement les dates des expositions saisies dans le système laissent penser que le site n’est plus guère entretenu, ou du moins cette partie-là.


http://www.matriznet.ipmuseus.pt/

L’ergonomie est peu efficace. Le site se borne en fait à une interface de requête de banque de données. Il n’y a pas d’outil de valorisation des collections, comme des galeries prédéfinies ou des expositions virtuelles. Vu la quantité d’objets disponibles et leur variété, c’est vraiment dommage. Globalement, dans le domaine de la diffusion culturelle, la mise en ligne d’un catalogue, n’est pas suffisante. Si on veut toucher le grand public, il faut s’intéresser à la visualisation et la valorisation.


Instituto Português de Museus

Calendrier de l’Avent

Ouvrir les portes d’un calendrier de l’Avent, c’est aussi possible sur Internet. D’un clic de souris, on découvre des images censées nous préparer à Noël ou bien à calmer notre impatience à l’idée de déballer ses cadeaux sous le sapin.

Deux blogs s’associent pour offrir ce calendrier, Be virtual et Archéofacts. Il est consacré à l’archéologie, d’où son nom de “Calendrier de l’Avant”. Jour après jour, le calendrier fera découvrir à ses visiteurs les traces, les vestiges, les débris que les archéologues exploitent pour mieux connaître le passé de l’homme.

;-)Une porte chaque jour, et gare à ceux qui se montrent trop curieux!

Calendrier de l’Avant

Archéofacts

Un nouveau sim dans Second Life: Alpine Meadow

Le troisième sim du CDS (Confederation of Democratic Simulators) était en préparation depuis plusieurs mois. L’idée principale du projet était de lier les deux sims existant: Neufreistadt (une cité médiévale bavaroise) et Colonia Nova (une ville romaine créée sur le modèle de la Cologne antique). Comme Neufreistadt a une altitude élevée et que Colonia est pratiquement au niveau de la mer, ce sim intermédiaire doit avoir une pente avec un degré très fort. C’est donc le thème d’une prairie alpine qui s’est imposé (ou un mayen, si vous préférez…).
Ce sim présente une particularité: afin de conserver son aspect campagnard, les parcelles sont éloignée les unes des autres pour laisser des espaces vides. Grâce à cela, les parcelles sont dotées d’un nombre de primitives (briques de construction) double de celui qu’on a habituellement dans Second Life.
Désormais la vente des parcelles est ouverte à tous. On trouvera tous les renseignements utiles sur la page suivante du forum du CDS:

http://forums.slcds.info/viewtopic.php? … t&sd=a

Les personnes qui acquièrent une parcelles devront construire des bâtiments respectant le thème: ferme, chalet ou maison forte (petit château). Elles auront aussi droit de cité dans le CDS qui gère ses sims à travers un gouvernement élu démocratiquement tous les six mois et qui s’est doté d’une constitution.

Un seul bâtiment est prévu dans le plan du sim: le Monastère. Il s’agit d’une reconstitution d’un monastère médiéval, vaguement inspiré de celui de Saint-Ursanne (mais sans aucune précision). Ce monastère est désécularisé (donc lié à aucune communauté religieuse). L’achat du terrain a été possible grâce à des dons. Le Monastère sera géré par une ONG qui y développera des activités, essentiellement des expositions, des discussions, des conférences, des performances, des concerts. Le Monastère est ouvert à tous et se veut aussi un lieu d’accueil dans Second Life.


Futur emplacement du Monastère


Place occupée par le batiment


Vue sur la cascade du côté de la bibliothèque


Vue sur le château de Neufreistadt depuis le clocher de la chapelle

e-Iliade

Je me dois, de temps en temps, de donner des nouvelles de projets que j’ai présentés dans ce blog. En voici qui me tient particulièrement à coeur. Souvenez-vous! Je vous ai parlé de savants américains qui ont débarqué avec du matériel high-tech dans la vénérable bibliothèque Saint-Marc à Venise, afin de scanner les plus anciens manuscrits contenant le texte de l’Iliade d’Homère.

Homère 3D

Quelques mois plus tard, ces manuscrits sont en ligne et chacun peut se promener à l’intérieur. Je dis bien “promener”: les responsables du projet multi-Homère ont repris le système de navigation de Google Map pour permettre aux utilisateurs de lire les différents manuscrits, de se déplacer sur une page, de zoomer pour en agrandir ou en diminuer les caractères.

Même si on ne lit pas le grec, cela vaut la peine d’aller s’y balader, dans ces manuscrits. La qualité de la numérisation est si bonne qu’on perçoit le relief du parchemin. Avec cet outil, plus jamais on ne lira Homère comme avant. Les étudiants et les chercheurs pourront directement s’y reporter plutôt que de se fier à l’apparat critique. Il pourront eux aussi faire leur propre lecture du texte.
Il faut en effet savoir que les textes antiques nous sont parvenus à travers des manuscrits médiévaux qui ont été copiés pendant des siècles dans les monastères. Quand on dispose, pour une oeuvre, de plusieurs manuscrits, il faut les collationner, c’est-à-dire les comparer entre eux. A cela peuvent s’ajouter aussi les citations de parties du texte dans des auteurs antiques ainsi que des sources papyrologiques. Avec l’ensemble de ces documents, on reconstruit un texte qu’on imagine le plus proche de ce que l’auteur a pu écrire. Pour reprendre le jargon cher à ce blog, on actualise un texte virtuel.
Pendant des générations, il a fallu faire confiance à des éditeurs de texte qui avaient pu lire directement le texte sur parchemin ou qui avaient travaillé sur des photos. Aujourd’hui, l’accès à ces documents est direct et ouvert à tous. Ces documents sont sous licence Creative Commons, autorisant tout le monde à les utiliser et à les retravailler, pour autant que la source soit mentionnée et en dehors de toute utilisation commerciale.

Accès au manuscrit: http://chs75.harvard.edu/manuscripts/index.html?ms=u4

Site du projet Homer Multitext Project (Harvard’s Center for Hellenic Studies): http://chs.harvard.edu

Le machin

C’est ainsi que le général de Gaulle avait coutume de qualifier l’ONU. Ce terme pourrait tout aussi bien servir à décrire le récent portail français de la culture.

http://www.culture.fr/

Ce site a pour ambition de donner accès à l’ensemble du patrimoine français, tous domaines confondus. Il constitue aussi bien un moteur permettant d’effectuer des recherches dans les grandes collections numérisées qu’un méga-agenda des événements culturels. Il répertorie également tous les musées, les bibliothèques et les institutions actives dans le domaine culturel.

Qui trop embrasse mal étreint. On se perd facilement dans ce site. La partie événementielle aurait constitué un site à elle seule, avec des aspects rédactionnels mieux marqués. Le site anglais donnant l’actualité des musées constitue un exemple réussi d’encouragement à la visite d’expositions et d’événements culturels en tous genre.

http://www.24hourmuseum.org.uk/

La partie la plus problématique est cependant celle qui permet d’accéder aux collections en ligne. La France a un patrimoine d’une richesse exceptionnelle. Il s’agissait de réunir 1 millions d’images provenant de 240 sources*. La recherche est donc effectuée à travers ces différents sites. Les réponses s’affichent dans le portail. Cependant dès que l’on choisit un objet, on est emmené sur le site correspondant (celui du Louvre ou la base Joconde). Le site est pourvu d’une aide à la recherche. Quand on choisit un terme, en l’occurrence “Vénus”, on reçoit dans la partie gauche du site des propositions d’affinement de la recherche, des listes finis de mots associés, de périodes historiques, de personnages, de musées. Ces termes proviennent probablement de l’ensemble des méta-données de la liste des réponses à la requête initiale. Les propositions laissent songeur. Ainsi pour le terme Vénus, on a les termes associés suivants:

– dieux assemblées
– Vénus suppliant
– assemblée des dieux
– Coypel Antoine
– Jupiter

Pour ce qui est des périodes, on a les 16ème, 17ème, 18ème et 19ème siècles, ainsi que le 4ème quart du 17ème siècle, période pour laquelle on a 146 entrées (avec image).

Ces termes donnent une idée de la qualité des catalogues, remplis sans vocabulaire contrôlé. De plus, les termes sont spécialisés. Le public n’est pas invité à indexer lui-même ces bases, ce qui aurait permis d’avoir des mots utilisables pour la plupart des gens.

Sur ce site, il est possible de créer un compte gratuit. Dès lors, les résultats intéressants des recherches peuvent être stockés dans le panier (sic). On peut aussi s’abonner au fil RSS d’une requête. Ainsi l’abonné est averti chaque fois que la base s’est enrichi d’une nouvelle entrée correspondant à ses intérêts. Ces deux fonctionnalités s’adressent bien entendu à des spécialistes: archéologues, historiens de l’art, etc…

Ce portail n’est donc pas encore le site qui permettra une valorisation du patrimoine français correspondant à sa valeur.

Autre site sur le patrimoine numérisé en France: http://www.numerique.culture.fr/mpf/pub-fr/index.html

* http://www.culture.gouv.fr/culture/actu … iques2007/

Flore électronique

Comme le disait Jacques Brel, les fleurs sont périssables. Les plantes des herbiers, collectées avec amour, finissent par s’effriter dans un recoin du grenier. Internet offre un herbier électronique permettant de trouver des informations sur toutes les plantes de France. Le site s’appelle Tela Botanica et c’est la partie intitulée “Flore électronique” qui nous permet de partir à la découverte des plantes.
Dans le champ de requête, on a le choix de saisir le nom savant (en latin) ou le terme commun. En écrivant rose ou nénuphar, on obtient plusieurs propositions de noms savants correspondant au mot vernaculaire. Admettons qu’on ait choisi l’une de ces possibilités, on obtient une fiche de plante qui se présente sous plusieurs onglets: identité et synonymes, noms communs dans plusieurs langues, carte de répartition, information sur le statut de protection, illustrations. Les deux derniers onglets permettent aux personnes ayant un compte de saisir leurs données et observations. Il s’agit donc d’un site collaboratif, réunissant des naturalistes passionnés. Derrière lui, on trouve du reste une association gérant le réseau des botanistes francophones.

Il ne s’agit pas à proprement d’un site grand public. Il s’adresse plutôt à des amateurs éclairés ou à des botanistes avertis. Il illustre bien, par son côté participatif, que le Web 2.0 fonctionne à plusieurs niveaux, n’en déplaisent aux pourfendeurs du règne des amateurs. Si des sites comme Wikipédia attirent aussi bien des rédacteurs émérites que de personnes à l’érudition hésitante, il n’en va pas de même de ces sites consacrés à des thèmes spécialisés, réunissant des passionnés. Et on le sait, quand les gens sont passionnés, la seule véritable différence entre les professionnels et les amateurs, c’est que les premiers sont payés! Heureusement, pour ces amateurs passionnés, le Web apportent, sinon un salaire, du moins une certaine reconnaissance.

http://www.tela-botanica.org/page:eflore

La chambre de Van Gogh

Tout le monde connaît la triste histoire du peintre de Van Gogh, qui n’a pas réussi à vendre durant son existence une seule de ses oeuvres, oeuvres qui atteignent aujourd’hui des sommes à peine croyables dans les ventes aux enchères. La chambre où il est mort, à l’Auberge Ravoux d’Auvers-sur-Oise, est devenu un lieu de visite (de pélerinage) depuis 1993. Le responsable de l’Institut Van Gogh qui gère ce lieu, Dominique-Ch. Janssens, souhaite y installer une toile de l’artiste.

Ce serait un moyen de remettre une de ces oeuvres dans le dénuement qui fut celui de l’artiste plutôt que dans un coffre-fort ou un lieu inaccessible au grand public. Il a donc lancé un appel de fond international afin de réunir une somme de 35 millions d’euros qui devrait permettre l’acquisition du “Champ aux coquelicots”, lors d’une vente aux enchères le 7 novembre 2007, chez Sotheby’s New York.

L’initiateur de ce projet ambitieux précise, sur le site, que les contributeurs ne seront en aucun cas co-propriétaires de l’oeuvre. Si le tableau ne peut pas être acquis, la fondation créée pour l’occasion, se donne encore jusqu’à fin 2010 pour réunir des fonds afin d’acquérir une autre oeuvre. Au cas où aucune acquisition ne serait possible, la Fondation utilisera 50% des fonds pour le développement de l’Institut Van Gogh, qui s’occupe de l’Auberge Ravoux, et donnera le reste de la somme à un musée qui a déjà des oeuvres de Van Gogh.
Les donateurs auront cependant des privilèges. Ils recevront un code leur permettant d’admirer le tableau 24 heures sur 24 grâce à une webcam. Et ceux qui feront un don de 5 000 $, ils auront droit à un fac-simile de la clé originale de 1890, ouvrant la porte de la chambre de Van Gogh à l’Auberge Ravoux.

Ce projet illustre bien la difficulté de maintenir dans le domaine public des oeuvres qui, de facto, en font partie, du fait de leur popularité auprès du public. Les crédits d’acquisition des musées ne peuvent rivaliser avec les fonds des investisseurs privés en recherche de valeurs pour des placements. Internet est un bon outil pour fédérer les gens autour de ce projet: ce sera intéressant de connaître le résultat. Malheureusement la somme collectée n’est pas encore connue. L’accès privilégié par webcam pour les donateurs est une idée intéressante: c’est une manière de créer en eux et l’oeuvre une relation particulière. Peut-être une piste pour les musées qui peuvent offrir quelques petits plus à ceux qui les soutiennent financièrement (sans prétériter les visiteurs).

http://www.vangoghsdream.org

Sotheby’s

http://www.sothebys.com/

L’oeuvre de Van Gogh se retrouve en bonne compagnie dans cette vente: Matisse, Renoir, Sisley, Picasso, …

Van Gogh sur le Net:

http://www.vggallery.com/

Ce site présente l’ensemble de l’oeuvre de Van Gogh, y compris les dessins qu’il faisait sur ses lettres. (La navigation sur le site pourrait être meilleure).

Tableau de bord

Les musées publient habituellement sur leurs sites Web des informations pratiques ainsi que les collections. Certains essaient aussi de montrer comment leur institution fonctionne. Ce type d’information n’est pas toujours simple à présenter et il peut sembler parfois rébarbatif. Le Musée d’art d’Indianapolis a opté pour un tableau de bord. Ce dernier est construit à partir d’un système d’indicateurs, probablement utilisés pour sa gestion. Il présente ces indicateurs sous la forme d’un chiffre et d’une icône. En cliquant sur le lien pour avoir plus d’informations, on obtient la définition de l’indicateur ainsi que la précédente valeur. Les visiteurs du site ayant un compte peuvent même commenter ces chiffres.

Ainsi il est possible d’avoir des indications dans les domaines les plus divers du fonctionnement: de la consommation électrique aux finances, en passant par le nombre de visiteurs du musée ou du site, les objets prêtés, nouvellement exposés ou acquis. Il est aussi possible de savoir le temps consacré à l’expertise des oeuvres ou à leur restauration. La courbe des visiteurs est actualisée toutes les 5 minutes.
Ces indicateurs donnent au visiteur une idée de la complexité d’une institution muséale. Ils apportent une certaine transparence sur ses activités et peuvent servir à justifier les budgets publics demandés. Ils obligent bien entendu le musée à maintenir ses efforts de gestion.
Aussi bien les contenus que l’aspect graphique invitent à la lecture. Il semble bien que les muséographes aient cherché à appliquer certaines de leurs recettes dans cette partie du site. Il n’y a d’ailleurs pas que les musées qui pourraient s’inspirer d’un tel exemple.

http://dashboard.imamuseum.org/

Qui sont les pirates?

Le Tribunal fédéral, en Suisse, a décidé récemment que les baladeurs numériques, les magnétoscopes à disque dur et les appareils semblables seront taxés. Selon le journal de la Fédération romande des consommateurs, le prix de ces appareils augmentera d’une somme allant de 12 à 90 frs, la taxe étant proportionnelle à la capacité.
De fait, l’utilisateur honnête paiera à deux reprises des droits d’auteur, d’abord en achetant un CD ou en téléchargeant légalement de la musique sur Internet, puis en acquérant un Ipod pour les écouter. La copie privée est légale, à certaines conditions. Les supports enregistrables, cassettes, CD-ROM, DVD, sont déjà frappés d’une taxe. Mais il s’agit de simples supports. Il en va tout autrement des lecteurs MP3, qui ne comportent pas seulement un support, mais également le système informatique permettant de les lire. Dès lors leur assimilation à un simple support est un peu excessive. En effet, quand on télécharge de la musique sur Internet, il est quasi implicite qu’on l’écoutera sur un baladeur MP3. La copie sur le baladeur via l’ordinateur n’est qu’un geste technique. On met toujours en avant la facilité de copier et les pratiques dites pirates (téléchargements illégaux sur Internet) pour justifier en arrière-fond ces doubles taxations. A la fin, c’est toujours le consommateur qui est le perdant. On est en droit de se demander qui sont les pirates.

Personne ne conteste le fait que les artistes doivent pouvoir générer des revenus avec leurs oeuvres. Il faut cependant admettre que les recettes appliquées depuis longtemps ne sont plus vraiment adaptées à la nouvelles donne. Internet et les technologies numériques ont profondément bouleversé les habitudes de consommation et il faut savoir en tenir compte. Les artistes et ceux qui essaient de défendre réellement leurs activités seraient bien inspirés de lire le livre d’Alban Martin, “L’âge de Peer : Quand le choix du gratuit rapporte gros”.

Cet ouvrage montre de manière convaincante comment l’offre gratuite peut servir d’amorce à la consommation de produits achetés, comme des CD, des CD collectors, des billets de concerts. Il va cependant beaucoup plus loin en assurant que l’avenir est dans la co-création de valeurs, un processus qui met en jeu aussi bien les artistes, les société productrices d’un côté, que les auditeurs/consommateurs. Ces derniers peuvent donner leur avis, interagir avec les artistes, avoir accès direct à l’univers de leurs groupes et chateurs préférés (sites Web exclusifs, accès aux différentes étapes de la production d’un CD, etc…). Ils peuvent aussi être partie prenante dans la création d’une oeuvre, soit en la produisant (l’auteur donne des exemples d’albums produits par des fans), soit en retravaillant les morceaux. Cette dernière pratique, courante dans certains domaines musicaux, suppose une conception différente des droits d’auteurs.
Ce livre montre que l’avenir de la musique, autant dans sa consommation que dans sa production, est à réinventer. C’est le défi lancé aussi bien aux artistes qu’à leurs admirateurs, qui ne souhaitent plus être réduits à de simples consommateurs.

http://www.frc.ch/communique-news.php?id_com=257

http://www.suisa.ch/home_f.htm

http://www.amazon.fr/L%C3%A2ge-Peer-Qua … 2744062464