Un lapin connecté

La première session de l’après-midi de la conférence Lift est consacré à l’innovation.
C’est déjà une évidence: le PC n’est plus l’unique appareil connecté à Internet. Le téléphone mobile présente une alternative en occident, mais le premier choix dans les pays émergents (notamment à cause de son prix). Mais bientôt d’autres objets le seront, comme nous le prédisent certains visionnaires. Pourtant cet Internet des objets n’est pas encore très présent dans nos maisons. Un petit lapin changera peut-être cela.
Il s’appelle Nabaztag. Il est tout blanc, mais il peut se couvrir de luminescences. Il a des oreilles qui bouge. Mais surtout, grâce à un réseau wi fi domestique, il se connecte à Internet. Il peut vous dire la météo, vous lire des podcasts, des fils RSS, vous annoncer l’arrivée d’un mail. Cet objet a été créé par la société Violet. Ses concepteurs sont partis d’une réflexion simple: créer des objets permettant une interface sereine avec Internet. Nabaztag se décline en version jouet et il peut lire des histoires aux enfants. Bien entendu, le livre de conte doit être pourvu d’une puce RFID pour que cela marche.

Avec Nabaztag, plus d’écran, plus de clavier, plus de souris. Difficile de dire s’il ne s’agit que d’un gadget ou de la préfiguration de nouveaux modes d’accès à Internet. Mais pourquoi se priver de multiples manières d’exploiter les contenus si riches d’Internet, avec un moins de technique et un peu plus d’émotions.

Pour en savoir plus:

http://www.nabaztag.com/fr/index.html

LIFT08

Allo Police!

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois l’Internet des objets. Ce qui paraissait encore bien théorique a trouvé une application des plus pratiques: dans un parking de la région parisienne, c’est un horodateur qui détecte l’arrivée des voitures et le dépassement du temps de parking autorisé. Quand ce dernier est dépassé, c’est l’horodateur lui-même qui dénonce le forfait à la police.

Tout se passe par wifi, sms, mail. Voilà qui aurait fait les délices de l’agent Longtarin, le souffre-douleur de Lagaffe. D’après l’article de Net.01 qui relate ce fait, ce système n’est pas (encore) rentable et a pour but de gérer le parking plutôt que d’encaisser le taux maximal d’amendes. Il faudra voir ce qui se passe à l’avenir, mais les contractuel(les) ont du souci à se faire, à mon avis.

http://www.01net.com/editorial/358028/l … arisienne/

Chapeau2.0

Quelle surprise! A travers ma boîte électronique, je constate que mon avatar dans Second Life reçoit des objets. Tout d’abord une version améliorée d’un chapeau que j’ai acquis il y a quelques temps. Puis un banc que j’avais déposé sur un terrain qui n’était pas le mien, le temps d’une conversation (les inventaires des avatars de Second Life rappellent le sac de Mary Poppins) et qui m’a été retourné par la parcelle.

Dans Second Life, on reste en contact avec ses objets, même si on les abandonne. On peut recevoir des updates de toute acquisition que l’on a faite. Il faut dire que dans cet univers aucun achat n’est anonyme. Ayant moi-même vendu quelques robes ou tee-shirts, je sais exactement quels avatars les ont achetés. Il en va de même pour les “achats gratuits”. En effet, c’est une habitude bien ancrée dans SL que d’utiliser la transaction de vente en fixant le prix à 0 L$. Cela permet de savoir qui a pris des tee-shirts gratuits dans un musée, du mobilier dans un magasin d’objets gratuits, etc. Il est probable que peu d’utilisateurs du système sont conscients de cette situation.
Pour comprendre le fonctionnement du système “Second Life”, il faut savoir qu’il existe un Universally Unique Identifier (UUID), soit un code de 36 caractères (8-4-4-12) qui est attribué à toute chose relevante du système: avatar, parcelles de terrain, régions, simulateurs (ou sims), groupes, transactions en L$, sessions, dossiers dans les inventaires, snapshots (photos de l’univers prises par les avatars eux-mêmes), événements, textures, objets, landmarks (permettant de garder en mémoire des lieux visités), vêtements et tout objet qui passe par l’inventaire*. Autant dire que, contrairement à notre monde où la plupart des faits et gestes doivent être reconstitués et ne sont pas certains d’être conservés dans les mémoires, Second Life garde une trace d’à peu près tout. C’est évidemment nécessaire pour son fonctionnement, mais on constatant ces faits, on peut apprécier le flou qui règne encore dans notre monde.
Ces objets qui sont mis à jour, qui nous informent de leur retour par email préfigurent peut-être ce que nous appelons l’Internet des objets. En anglais, on utilise volontiers l’expression d’everyware. A l’instar de nos objets de Second Life, ceux que nous utilisons dans la vie courante, au travail, dans les loisirs, auxquels nous avons recours pour maintenir notre santé, etc. pourraient interagir avec le reste du monde. Pour notre bonheur (domotique, listes de courses envoyés par sms par le frigidaire) et pour notre malheur peut-être aussi…

A lire:

Adam Greenfield, Everyware: the dawning age of ubiquitous computing, 2006

Philip Rosedale (Foreword), Michael Rymaszewski (Author)et al., Second Life: The Official Guide, 2006