Le Monastère est en place

Le Monastère a enfin rejoint son cadre: le sim Alpine Meadow.

Ses trois principales parties sont presque complètement aménagées, prêtes à recevoir des visiteurs:


La chapelle qui servira de cadre à des expositions


Le cloître avec, en son centre, une fontaine et, pour les fêtes, un sapin décoré


La bibliothèque et le scriptorium

Cet ensemble est l’oeuvre de cinq personnes, venant de pays et même de continents différents. Chacun a apporté ses compétences particulières: construction, textures, scripts, etc.. La collaboration s’est faite naturellement, même si les horaires décalés entre les Etats-Unis et l’Europe ne facilitent pas toujours les choses. Je me souviens que l’une des constructrices arrivait au moment où j’allais me coucher. Nous n’avions qu’un bref moment pour échanger des idées.
La construction du bâtiment ne s’arrête pourtant pas là. Il sera amélioré sans cesse. Nous prévoyons, par exemple, d’y aménager une crypte.

Lien direct (pour ceux qui ont un compte sur Second Life):

http://slurl.com/secondlife/Alpine%20Meadow/216/102/97

Calendrier de l’Avent

Ouvrir les portes d’un calendrier de l’Avent, c’est aussi possible sur Internet. D’un clic de souris, on découvre des images censées nous préparer à Noël ou bien à calmer notre impatience à l’idée de déballer ses cadeaux sous le sapin.

Deux blogs s’associent pour offrir ce calendrier, Be virtual et Archéofacts. Il est consacré à l’archéologie, d’où son nom de “Calendrier de l’Avant”. Jour après jour, le calendrier fera découvrir à ses visiteurs les traces, les vestiges, les débris que les archéologues exploitent pour mieux connaître le passé de l’homme.

;-)Une porte chaque jour, et gare à ceux qui se montrent trop curieux!

Calendrier de l’Avant

Archéofacts

Un nouveau sim dans Second Life: Alpine Meadow

Le troisième sim du CDS (Confederation of Democratic Simulators) était en préparation depuis plusieurs mois. L’idée principale du projet était de lier les deux sims existant: Neufreistadt (une cité médiévale bavaroise) et Colonia Nova (une ville romaine créée sur le modèle de la Cologne antique). Comme Neufreistadt a une altitude élevée et que Colonia est pratiquement au niveau de la mer, ce sim intermédiaire doit avoir une pente avec un degré très fort. C’est donc le thème d’une prairie alpine qui s’est imposé (ou un mayen, si vous préférez…).
Ce sim présente une particularité: afin de conserver son aspect campagnard, les parcelles sont éloignée les unes des autres pour laisser des espaces vides. Grâce à cela, les parcelles sont dotées d’un nombre de primitives (briques de construction) double de celui qu’on a habituellement dans Second Life.
Désormais la vente des parcelles est ouverte à tous. On trouvera tous les renseignements utiles sur la page suivante du forum du CDS:

http://forums.slcds.info/viewtopic.php? … t&sd=a

Les personnes qui acquièrent une parcelles devront construire des bâtiments respectant le thème: ferme, chalet ou maison forte (petit château). Elles auront aussi droit de cité dans le CDS qui gère ses sims à travers un gouvernement élu démocratiquement tous les six mois et qui s’est doté d’une constitution.

Un seul bâtiment est prévu dans le plan du sim: le Monastère. Il s’agit d’une reconstitution d’un monastère médiéval, vaguement inspiré de celui de Saint-Ursanne (mais sans aucune précision). Ce monastère est désécularisé (donc lié à aucune communauté religieuse). L’achat du terrain a été possible grâce à des dons. Le Monastère sera géré par une ONG qui y développera des activités, essentiellement des expositions, des discussions, des conférences, des performances, des concerts. Le Monastère est ouvert à tous et se veut aussi un lieu d’accueil dans Second Life.


Futur emplacement du Monastère


Place occupée par le batiment


Vue sur la cascade du côté de la bibliothèque


Vue sur le château de Neufreistadt depuis le clocher de la chapelle

Couverture photo

Albert Kahn est une personnalité peu connue qui se lança dans un projet que l’on qualifier d’utopiste: les Archives de la planète. Souhaitant le rapprochement des peuples, il a financé une couverture photographique des différentes cultures de la Terre. Entre 1901 et 1920, il a réuni 72’000 photographies. Ces images sont en cours de numérisation et elles sont abritées par le musée qu’est devenu la demeure d’Albert Kahn, banquier philanthrope que la crise de 29 a ruiné. Cette collection constitue un témoignage important de la manière dont on vivait au tournant du 20ème siècle dans diverses contrées. L’entreprise inachevée d’Albert Kahn démontrait une grande audace: à l’époque, la technique de la photographie n’était pas à la portée de tous et, de plus, les voyages étaient encore assez périlleux.
Un siècle plus tard… Flickr apparaît sur le Net en 2004. Il s’agit d’un site communautaire de téléchargement et d’indexation de photos. Le principe en est simple: les utilisateurs y téléchargent leurs propres photos (voyages, fêtes, etc…), choisissent le public-cible (famille, amis, tout le monde), la licence (selon les principes de Creative Commons) et ajoutent des mots-clés. Les autres utilisateurs peuvent aussi proposer leurs mots-clés pour telle ou telle photo. Les images s’organisent selon les mots-clés (ou tags), en clusters (approche thématique). Il est aussi possible de géo-taguer les images, donc de les rattacher à un point de la Terre. Il aura fallu deux années pour atteindre une collection faramineuse de 2 milliards de photos. Le cap a été passé le 14 novembre, comme cela est annoncé sur le blog de Flickr.
A l’instar des Archives de la planète d’Albert Kahn, Flickr constitue une sorte de miroir de l’humanité: les gens pourvus d’appareils numériques l’alimentent sans cesse, construisant inlassablement une image du monde. Depuis son ordinateur, on peut ouvrir une fenêtre sur une partie de ce monde. Depuis plusieurs semaines, j’ai intégré dans ma page Netvibes une fenêtre Flickr avec le mot-clé “Louvre”. Depuis, je vois ce musée jour après jour, tel que ses visiteurs le perçoivent. Tantôt c’est la Pyramide, tantôt un tableau, tantôt un groupe un peu potache. Je vois ce que les gens voient du Louvre. Je le regarde avec leurs yeux.
Depuis Albert Kahn, les choses ont bien changé. Les archives de la planète se constituent selon les principes du Web 2.0, sur un support très fragible et avec une redondance extrême. J’aime regarder le nuage de mots-clés de Flickr (tag cloud). C’est un peu comme un reflet des préoccupations des gens.

On y trouve les lieux les plus visités. On y voit aussi les pratiques sociales: mariage, fêtes, famille. Les animaux familiers ne sont pas oubliés. Bref, on est entre quotidien et évasion. Un peu comme quand les historiens se mettent à lire les archives: il y a les documents qui font la grande Histoire et puis tous les papiers qui retracent le quotidien des petites gens.

Pour en savoir plus:

Musée Albert-Kahn, Boulogne-Billancourt
http://www.hauts-de-seine.net/portal/si … RCRD.vhtml

Emission sur Albert Kahn (Canal Académie)
http://www.canalacademie.com/L-action-d … ert%20kahn

Note annonçant le cap des 2 milliards de photos sur Flickr
http://blog.flickr.com/fr/2007/11/14/2- … ur-flickr/

Le machin

C’est ainsi que le général de Gaulle avait coutume de qualifier l’ONU. Ce terme pourrait tout aussi bien servir à décrire le récent portail français de la culture.

http://www.culture.fr/

Ce site a pour ambition de donner accès à l’ensemble du patrimoine français, tous domaines confondus. Il constitue aussi bien un moteur permettant d’effectuer des recherches dans les grandes collections numérisées qu’un méga-agenda des événements culturels. Il répertorie également tous les musées, les bibliothèques et les institutions actives dans le domaine culturel.

Qui trop embrasse mal étreint. On se perd facilement dans ce site. La partie événementielle aurait constitué un site à elle seule, avec des aspects rédactionnels mieux marqués. Le site anglais donnant l’actualité des musées constitue un exemple réussi d’encouragement à la visite d’expositions et d’événements culturels en tous genre.

http://www.24hourmuseum.org.uk/

La partie la plus problématique est cependant celle qui permet d’accéder aux collections en ligne. La France a un patrimoine d’une richesse exceptionnelle. Il s’agissait de réunir 1 millions d’images provenant de 240 sources*. La recherche est donc effectuée à travers ces différents sites. Les réponses s’affichent dans le portail. Cependant dès que l’on choisit un objet, on est emmené sur le site correspondant (celui du Louvre ou la base Joconde). Le site est pourvu d’une aide à la recherche. Quand on choisit un terme, en l’occurrence “Vénus”, on reçoit dans la partie gauche du site des propositions d’affinement de la recherche, des listes finis de mots associés, de périodes historiques, de personnages, de musées. Ces termes proviennent probablement de l’ensemble des méta-données de la liste des réponses à la requête initiale. Les propositions laissent songeur. Ainsi pour le terme Vénus, on a les termes associés suivants:

– dieux assemblées
– Vénus suppliant
– assemblée des dieux
– Coypel Antoine
– Jupiter

Pour ce qui est des périodes, on a les 16ème, 17ème, 18ème et 19ème siècles, ainsi que le 4ème quart du 17ème siècle, période pour laquelle on a 146 entrées (avec image).

Ces termes donnent une idée de la qualité des catalogues, remplis sans vocabulaire contrôlé. De plus, les termes sont spécialisés. Le public n’est pas invité à indexer lui-même ces bases, ce qui aurait permis d’avoir des mots utilisables pour la plupart des gens.

Sur ce site, il est possible de créer un compte gratuit. Dès lors, les résultats intéressants des recherches peuvent être stockés dans le panier (sic). On peut aussi s’abonner au fil RSS d’une requête. Ainsi l’abonné est averti chaque fois que la base s’est enrichi d’une nouvelle entrée correspondant à ses intérêts. Ces deux fonctionnalités s’adressent bien entendu à des spécialistes: archéologues, historiens de l’art, etc…

Ce portail n’est donc pas encore le site qui permettra une valorisation du patrimoine français correspondant à sa valeur.

Autre site sur le patrimoine numérisé en France: http://www.numerique.culture.fr/mpf/pub-fr/index.html

* http://www.culture.gouv.fr/culture/actu … iques2007/

Festival de cartes

A Chigaco vient de s’ouvrir le Festival des cartes, un ensemble de manifestations réunissant une trentaine d’institutions de la ville: instituts de recherche, musées, écoles et même la vénérable Encyclopaedia Britannica. Autant d’expositions à découvrir pour le public.

http://www.festivalofmaps.com/ (site Flash uniquement)

Le site du Festival présente une certaine cohérence avec le thème puisqu’on y navigue à l’aide d’une carte dynamique de la ville. Les points mènent sur les fiches d’événements qui conduisent eux-mêmes vers les sites des institutions. C’est une manière agréable de découvrir les sites Internet des musées de Chicago dont certains recèlent de grandes richesses. Par exemple:

http://speculum.lib.uchicago.edu/

Ce que montrent toutes ces expositions, c’est l’importance de la carte géographique, un type de document riche en informations. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’Internet accorde aux représentations géographique une place essentielle: Google Map et Google Earth, Yahoo Map et même la géographie “imaginaire” de Second Life constituent autant de manières de se mouvoir dans le monde virtuel et d’accéder à des informations.

La chambre de Van Gogh

Tout le monde connaît la triste histoire du peintre de Van Gogh, qui n’a pas réussi à vendre durant son existence une seule de ses oeuvres, oeuvres qui atteignent aujourd’hui des sommes à peine croyables dans les ventes aux enchères. La chambre où il est mort, à l’Auberge Ravoux d’Auvers-sur-Oise, est devenu un lieu de visite (de pélerinage) depuis 1993. Le responsable de l’Institut Van Gogh qui gère ce lieu, Dominique-Ch. Janssens, souhaite y installer une toile de l’artiste.

Ce serait un moyen de remettre une de ces oeuvres dans le dénuement qui fut celui de l’artiste plutôt que dans un coffre-fort ou un lieu inaccessible au grand public. Il a donc lancé un appel de fond international afin de réunir une somme de 35 millions d’euros qui devrait permettre l’acquisition du “Champ aux coquelicots”, lors d’une vente aux enchères le 7 novembre 2007, chez Sotheby’s New York.

L’initiateur de ce projet ambitieux précise, sur le site, que les contributeurs ne seront en aucun cas co-propriétaires de l’oeuvre. Si le tableau ne peut pas être acquis, la fondation créée pour l’occasion, se donne encore jusqu’à fin 2010 pour réunir des fonds afin d’acquérir une autre oeuvre. Au cas où aucune acquisition ne serait possible, la Fondation utilisera 50% des fonds pour le développement de l’Institut Van Gogh, qui s’occupe de l’Auberge Ravoux, et donnera le reste de la somme à un musée qui a déjà des oeuvres de Van Gogh.
Les donateurs auront cependant des privilèges. Ils recevront un code leur permettant d’admirer le tableau 24 heures sur 24 grâce à une webcam. Et ceux qui feront un don de 5 000 $, ils auront droit à un fac-simile de la clé originale de 1890, ouvrant la porte de la chambre de Van Gogh à l’Auberge Ravoux.

Ce projet illustre bien la difficulté de maintenir dans le domaine public des oeuvres qui, de facto, en font partie, du fait de leur popularité auprès du public. Les crédits d’acquisition des musées ne peuvent rivaliser avec les fonds des investisseurs privés en recherche de valeurs pour des placements. Internet est un bon outil pour fédérer les gens autour de ce projet: ce sera intéressant de connaître le résultat. Malheureusement la somme collectée n’est pas encore connue. L’accès privilégié par webcam pour les donateurs est une idée intéressante: c’est une manière de créer en eux et l’oeuvre une relation particulière. Peut-être une piste pour les musées qui peuvent offrir quelques petits plus à ceux qui les soutiennent financièrement (sans prétériter les visiteurs).

http://www.vangoghsdream.org

Sotheby’s

http://www.sothebys.com/

L’oeuvre de Van Gogh se retrouve en bonne compagnie dans cette vente: Matisse, Renoir, Sisley, Picasso, …

Van Gogh sur le Net:

http://www.vggallery.com/

Ce site présente l’ensemble de l’oeuvre de Van Gogh, y compris les dessins qu’il faisait sur ses lettres. (La navigation sur le site pourrait être meilleure).

Tableau de bord

Les musées publient habituellement sur leurs sites Web des informations pratiques ainsi que les collections. Certains essaient aussi de montrer comment leur institution fonctionne. Ce type d’information n’est pas toujours simple à présenter et il peut sembler parfois rébarbatif. Le Musée d’art d’Indianapolis a opté pour un tableau de bord. Ce dernier est construit à partir d’un système d’indicateurs, probablement utilisés pour sa gestion. Il présente ces indicateurs sous la forme d’un chiffre et d’une icône. En cliquant sur le lien pour avoir plus d’informations, on obtient la définition de l’indicateur ainsi que la précédente valeur. Les visiteurs du site ayant un compte peuvent même commenter ces chiffres.

Ainsi il est possible d’avoir des indications dans les domaines les plus divers du fonctionnement: de la consommation électrique aux finances, en passant par le nombre de visiteurs du musée ou du site, les objets prêtés, nouvellement exposés ou acquis. Il est aussi possible de savoir le temps consacré à l’expertise des oeuvres ou à leur restauration. La courbe des visiteurs est actualisée toutes les 5 minutes.
Ces indicateurs donnent au visiteur une idée de la complexité d’une institution muséale. Ils apportent une certaine transparence sur ses activités et peuvent servir à justifier les budgets publics demandés. Ils obligent bien entendu le musée à maintenir ses efforts de gestion.
Aussi bien les contenus que l’aspect graphique invitent à la lecture. Il semble bien que les muséographes aient cherché à appliquer certaines de leurs recettes dans cette partie du site. Il n’y a d’ailleurs pas que les musées qui pourraient s’inspirer d’un tel exemple.

http://dashboard.imamuseum.org/

Un musée pas très virtuel

En vacances en famille à Lesbos, j’ai voulu visiter le musée archéologique de Mytilène. Ce musée est constitué de deux sites, l’ancien (un très beau bâtiment) et le nouveau. Munie d’un appareil photo et d’une caméra vidéo, je me suis présentée à l’entrée. En achetant mon billet, j’ai tout de suite remarqué l’affichette interdisant toute prise de vue. En entrant dans le musée, je me suis retrouvée entourée du personnel pléthorique, veillant au grain. Seules les collections préhistoriques étaient photographiables, mais sans flash. En règle général, ces témoignages du passé le plus ancien n’intéressent pas grand monde. Par la fenêtre, j’avisai le magnifique lapidaire dans le jardin. Je m’y rends. J’ai pensé qu’on pouvait photographier ce qui était à l’extérieur, essentiellement des éléments architecturaux et des inscriptions. Mais on m’a laissé prendre en photo seulement le grand lion monumental datant de l’époque romaine. J’ai demandé pourquoi je ne pouvais pas photographier ces éléments et les gardiens m’ont expliqué qu’ils avaient des consignes claires: ces pièces n’étaient pas photographiables parce qu’elles n’étaient pas encore publiées.

Je me suis rendue dans le nouveau musée, financée par la Grèce et la Communauté européenne, qui présente des mosaïques et des sculptures avec une muséographie remarquable. Les éclairages des pièces sculptées notamment les mettent particulièrement bien en valeur. On y trouve aussi une série de mosaïques présentant des scènes de théâtre. Dans cette partie moderne, c’est le même scénario qui s’est joué. Les prises de vue étaient strictement interdites. Le personnel nous a suivis dans toutes salles. La même excuse nous a été donnée. A la fin, on m’a tout de même autorisée à photographier des dessins d’enfants exécutés lors d’une activité pédagogique du musée.

Bien entendu, au terme de la visite, un beau guide est à vendre! Il existe bien des politiques différentes dans les musées, quand il s’agit d’autoriser les visiteurs à prendre des images. Habituellement on laisse les gens prendre ce qu’ils veulent en image, mais sans flash. Les vitrines et autres obstacles se chargent d’éviter tout résultat probant. Mais pour les visiteurs ces images sont une manière de s’approprier les objets du patrimoine, de les garder en mémoire et surtout de les partager. Hier cela se faisait au cours de mémorables soirées dias. Aujourd’hui, on utilise des sites de partage de photos comme Flickr et on laisse le monde entier voir ses images. Les musées devraient comprendre que c’est dans leur intérêt: en effet, cela crée du buzz, l’équivalent web du bouche à oreille. Vous pouvez chercher longtemps des traces du musée archéologique de Lesbos dans des sites Web 2.0, vous n’en trouverez guère…
Je peux comprendre qu’on soit réticent à laisser photographier des objets non publiés. On risque de les voir publier par quelqu’un d’autre (une antique crainte des archéologues). Il faut tout de même admettre que placer un objet dans un musée, c’est aussi une manière de le publier. Il devient public et donc chacun devrait pouvoir le photographier et même le partager, ce d’autant plus que ces objets sont à double titre dans le domaine public: les droits d’auteur sont tombés depuis longtemps et les fouilles sont financées le plus souvent par des fonds publics. Enfin si l’on peut admettre que le découvreur a une priorité pour publier ses découvertes, il n’a pas le droit moralement de se garder des objets à publier jusqu’à sa retraite et au-delà. Il y a bien assez d’étudiants en archéologie et d’archéologues diplômés pour qu’on se partage le travail. Personnellement je considère qu’après un délai de 5 à 10 ans, les objets non publiés et pour lesquels aucune étude n’a été entreprise doivent être accessibles à tous et surtout à la communauté scientifique, pour trouver des personnes qui se chargeront de leur publication.

Bref, si le musée de Lesbos présente agréablement ses collections, ses responsables ont encore beaucoup à apprendre sur la diffusion du patrimoine sur Internet. Ils pourraient faire connaître leur institution à peu de frais.

http://www.lesvos.co.uk/museums/archaeological.htm

Pour une vue d’ensemble du patrimoine grec, voir l’excellent site Odysseus, publié par le Ministère de la Culture:

http://odysseus.culture.gr/

Pour comprendre l’art

Pour comprendre des oeuvres d’art, il est essentiel d’être capable de les décoder. Le MOMA (Museum of Modern Art de New Yor) offre désormais un site permettant aux adolescents de mieux comprendre la démarche artistique. Ce site, intitulé Red Studio, comporte des explications sur des sujets susceptibles de les intéresser, comme la créations d’images de synthèse avec un interview d’un collaborateur du studio Pixar. Il donne aussi la possibilité de comprendre ce que fait un artiste en le faisant soi-même. On peut donc réaliser des collages, des images aux rayons X à partir d’objets. Une petite application génère des poèmes dadaïstes avec des articles de journaux.

Ce site est attractif, mais dans un certain sens, il ne va pas assez loin. Tout d’abord les applications offertes manquent d’originalité: le collage, par exemple, est un classique des sites de musées et des CD-ROM ludo-éducatifs. L’application elle-même est très limitée et donne pas de résultats très probants. Pourquoi ne pas laisser les utilisateurs travailler à partir de leur fichiers numériques. Ensuite, on invite des ados à créer, mais sans donner accès au résultat en ligne. Explorer la démarche artistique devrait aller jusqu’au bout, ce qui suppose de soumettre son oeuvre au regard des autres.
Bref, c’est bien-pensant et sans prise de risque. On reste un peu sur sa faim.

http://redstudio.moma.org/