Deux clones

Les deux candidats à l’investiture démocrate sont au coude à coude et ce ne sont pas leurs sites Web respectifs qui vont les départager. Quand on regarde ces deux sites, on peut même parler de clones tant ils se ressemblent.

Site Web de Barack Obama

Site Web d’Hillary Clinton

C’est une évidence, mais les jeux de couleurs sont relativement identiques. Les deux candidats s’inspirent du drapeau américain. Les ressemblances sont aussi fonctionnelles. Si l’on prend le menu horizontal, on retrouve à peu de choses près des entrées analogues: “Issues”, “Blog”, “States” et l’inévitable bouton (rouge dans les deux cas) permettant de faire une donation.

Les deux candidats ont veillé à utiliser les réseaux sociaux. Tous deux indiquent les sites sur lesquels ils ont leurs profils:

Réseaux sociaux de Barack Obama

Réseaux sociaux d’Hillary Clinton

Dans les deux cas, Facebook est présent. A l’heure actuelle, Barack Obama compte 588,684 supporters contre 120,172 seulement pour Hillary Clinton. Le portrait de Facebook des deux candidats s’ouvre sans que l’on ait à entrer son mot de passe. Facebook fait en effet une différence entre les profils que tout un chacun entre dans le système et ceux de personnes publiques, comme des artistes ou des politiciens en campagne. Ces derniers peuvent ouvrir des pages Facebook. Outre le fait qu’elles sont visibles même pour ceux qui n’ont pas de compte, ces pages ont une particularité: vous et moi ne devenons pas les amis d’Hillary ou de Barack, mais leurs supporters.

Si on en revient au contenu des sites, ils comportent tous deux un blog tenu par l’équipe de campagne, des vidéos, des accès aux quartiers de campagne des états. Dans une case située à droite, tous deux présentent ce que peuvent faire les partisans pour eux: participer à des événements, faire des appels, être bénévole, etc. Rien ne manque du reste sur ces sites: un shop en ligne pour des accessoires de campagne, une offre pour recevoir des informations sur un téléphone portable.

Fait intéressant, aucun de ces sites ne dispose d’un moteur de recherche. Cela peut paraître étrange, mais un site de campagne est basé sur l’immédiateté de la communication. De plus, l’ergonomie est remarquable et permet l’accès à chaque information disponible.

On peut accorder un petit plus au site d’Obama: il recourt à des cartes pour permettre l’accès aux informations concernant les états.

Carte sur le site d’Obama

Il s’agit de deux sites hautement efficaces, bien pensés et dont les responsables s’observent probablement.

http://my.barackobama.com/

http://www.hillaryclinton.com/

Cartographie des sites politiques

L’Institution national de l’audiovisuel (INA) a archivé la campagne présidentielle sur Internet, comme annoncé. Cela représente 80 millions d’URL. Depuis le 26 janvier, les 500 principales pages des sites recensés (plus de 2000) ont été capturés 4 fois par jour. Pendant les deux jours de scrutin, la page d’accueil de chaque site a été capturée tous les quarts d’heure.

http://www.01net.com/editorial/348531/e … par-l-ina/

http://www.ina.fr/

Pour l’instant ces archives ne sont pas accessibles. Cependant un site en exploite les données de manière intéressante. Il analyse tout d’abord le bruit médiatique dans le temps, en comptant le nombre de notes de blogs concernant chaque candidat. Le schéma ci-dessous compare les courbes de présence dans la blogosphère des trois principaux candidats: Sarkozy, Bayrou et Ségolène Royal, du 1er au 13 mai. On constate que François Bayrou a presque totalement disparu, alors que les deux candidats encore présents au second tour montrent des résultats conformes à ce qui est sorti des urnes.

Plus intéressant encore est la cartographie des sites. Pour chaque site pris en compte, une carte permet de connaître les liens entre les différents sites (un site qui n’aurait aucun lien avec les autres n’apparaîtrait pas). Ci-dessous, on observe la manière dont le site Désirs d’avenir de Ségolène Royal est lié au reste de la blogosphère socialiste.

http://www.observatoire-presidentielle.fr

L’existence de ces archives est fondamentale. Pour autant qu’on soit capable de les conserver et d’en exploiter le contenu plus tard (ce qui n’est pas une mince affaire), elles serviront aux travaux des historiens.