Musées sur téléphone

La tendance est claire: le téléphone va devenir l’appareil de prédilection permettant d’accéder à Internet. Ainsi une présence sur Internet qui se veut efficace se doit d’offrir aussi des contenus adaptés aux téléphones. C’est déjà le cas de nombreux services, comme des horaires de train. Mais les musées viennent aussi sur ce terrain.

Le site Museum on the Go met à disposition des contenus provenant d’une dizaine musées. On peut y trouver des images, des sons, sonneries ou morceaux entiers. Pour être tout à fait honnête, il ne s’agit encore de visites virtuelles de musées. Cette offre correspond plutôt à une virtualisation de la boutique du musée. Elle permet d’emporter avec soi quelque chose provenant d’un musée, d’habiller son téléphone selon ses goûts de se démarquer.

L’offre la plus amusante que j’ai vue est celle de sonneries de téléphone reprenant des cris d’animaux ou des chants d’oiseaux. Vos collègues ou amis pourraient entendre un merle chanter dans votre poche.

Museum on the Go

http://www.museumonthego.com/

Nouvelles frontières

De retour à Lift, j’explore en compagnie des conférenciers de la première partie de la matinée de nouvelles frontières. Avec Kevin Warwick et ses expériences bien connues (il se fait placer des implants électroniques dans le corps, reliés à Internet), c’est le corps qui se virtualise. Il se réduit plus à sa seule enveloppe physique et devra être redéfini dans les prochaines années.
La très créative Zentrale Intelligenz Agentur est un exemple d’entreprise virtualisée: plus de bureaux, que des outils collaboratifs en ligne, de nouvelles règles.

http://www.zentrale-intelligenz-agentur.de/

Mais le voyage dans lequel Mieke Gerritzen nous a emmenés était totalement fascinant. Comme les travaux de Claude Lévi-Strauss l’ont montré, l’histoire de l’homme a consisté à passer de la nature à la culture. Mais des millénaires plus tard, ce même homme a créé une culture si complexe, avec ses technologies, ses réseaux, que la culture a tendance à retourner à l’état de nature. Cette nouvelle nature (Nextnature) est comme l’autre: imprédictible, impossible à maîtriser. Et l’homme devra bien trouver comment vivre dans la nouvelle jungle qu’il a créée.
Pour nous présenter cette nouvelle nature, Mieke Gerritzen utilise l’image: photos ou vidéos de divers créateurs. Plusieurs des images qu’elle a montrées sont disponibles sur le site Nextnature:

http://www.nextnature.net/

Pour en savoir plus:

http://www.liftconference.com/

Asian stories

La deuxième session de l’après-midi, lors de la Conférence Lift, a été consacrée à l’Asie. Marc Laperrouza nous a présenté la situation de la Chine. Dans ce pays, le développement d’Internet se situe à une échelle bien différente, en terme de nombre d’utilisateurs notamment. Dans les pays émergents, l’appareil qui permet de se connecter à Internet est avant tout le téléphone, moins cher que le PC. Cela risque d’influencer l’offre de contenu, qui devra s’adapter au format du téléphone. Autre fait intéressant, on jette tant de téléphones portables en Chine, chaque année, que des mesures de recyclage sont déjà prises.

Quant à Heewon Kim, elle nous a présenté la manière dont les jeunes coréens utilisent Internet. Ils sont tout d’abord massivement connectés et ils ont une préférence pour les réseaux sociaux. Sur ces sites, ils font leur portrait (profile) et parle de leurs activités quotidiennes, partagent des photos. Comme ils utilisent aussi des appareils mobiles, ils sont connectés en permanence. Le monde virtuel qui est créé par ces réseaux sociaux est en temps réel ou en quasi-temps réel.
L’humain a parfois besoin de recul, de silence. Est-ce que ce sera encore possible dans des sociétés hyperconnectées? Que deviendront la vie privée ou l’intimité? Les conférences d’aujourd’hui nous invitent à une réflexion sur ces phénomènes. Certains (mais je ne sais plus qui) prédisent déjà que le vrai luxe sera d’avoir la possibilité de se déconnecter.

Le troisième conférencier, Gen Kanai, a parlé de l’open source qui se développe moins rapidement en Asie. Néanmoins, il relève le cas du Bhoutan qui développé un système à partir de Linux, dans sa propre langue:


http://dzongkha.sourceforge.net/

Pour en savoir plus sur ces conférences:

LIFT08

Un lapin connecté

La première session de l’après-midi de la conférence Lift est consacré à l’innovation.
C’est déjà une évidence: le PC n’est plus l’unique appareil connecté à Internet. Le téléphone mobile présente une alternative en occident, mais le premier choix dans les pays émergents (notamment à cause de son prix). Mais bientôt d’autres objets le seront, comme nous le prédisent certains visionnaires. Pourtant cet Internet des objets n’est pas encore très présent dans nos maisons. Un petit lapin changera peut-être cela.
Il s’appelle Nabaztag. Il est tout blanc, mais il peut se couvrir de luminescences. Il a des oreilles qui bouge. Mais surtout, grâce à un réseau wi fi domestique, il se connecte à Internet. Il peut vous dire la météo, vous lire des podcasts, des fils RSS, vous annoncer l’arrivée d’un mail. Cet objet a été créé par la société Violet. Ses concepteurs sont partis d’une réflexion simple: créer des objets permettant une interface sereine avec Internet. Nabaztag se décline en version jouet et il peut lire des histoires aux enfants. Bien entendu, le livre de conte doit être pourvu d’une puce RFID pour que cela marche.

Avec Nabaztag, plus d’écran, plus de clavier, plus de souris. Difficile de dire s’il ne s’agit que d’un gadget ou de la préfiguration de nouveaux modes d’accès à Internet. Mais pourquoi se priver de multiples manières d’exploiter les contenus si riches d’Internet, avec un moins de technique et un peu plus d’émotions.

Pour en savoir plus:

http://www.nabaztag.com/fr/index.html

LIFT08

La composante humaine

Deuxième partie de matinée à Lift.
Avec le développement des transports et des moyens de communication, le monde est devenu petit. Cela aurait pu sonner le glas de l’exploration ethnographique. Mais dans le monde globalisé, de nouvelles tribus surgissent, de nouveaux usages aussi. Les grandes entreprises d’informatique et de télécommunication engagent désormais des ethnologues pour mieux connaître leurs usagers. Ces ethnologues exercent un autre regard que les spécialistes du marketing qui se restreignent à analyser le potentiel commercial. Il est vrai qu’Internet ou les téléphones portables ont profondément changé les pratiques, qu’il s’agit d’observer et de comprendre maintenant. Ces changements produisent des effets sur les individus eux-mêmes. Nous avons aussi entendu un psychologue qui s’intéresse à la manière dont les gens gèrent les identités multiples qu’ils ont sur Internet. Pendant des années, on s’est extasié devant les performances de la technologie. On regardait s’élever la puissance des processeurs, la capacité de stockage, l’extension des réseaux. Mais les machines étant utilisées par des hommes, il est temps maintenant de s’intéresser à cette composante.

Pour en savoir plus:

LIFT08

Mots-croisés 2.0

Une folle envie de remplir une grille de mots-croisés? Il suffit d’aller sur le site mots-croises.ch et de la télécharger. Il est même possible de la remplir directement en ligne. Mais le site offre aussi toute une série d’outils permettant d’aider le cruciverbiste: recherche de mots simple ou complexe (mot comportant tant de lettres, finissant ou commmençant par telles lettres, contenant telles lettres, …), recherche d’anagrammes, etc…
Mais le site est aussi participatif: chacun peut y proposer ses propres grilles de mots-croisés. Un forum vous permettra de partager vos expériences et de soumettre à la communauté des cruciverbistes les énigmes que vous n’avez pu résoudre.

http://www.mots-croises.ch/

Puzzle

Vous pouvez désormais créer en ligne vos puzzles. Il suffit de télécharger une image à partir de votre disque dur sur ce site et de choisir la taille des pièces. Vous pouvez ensuite envoyer le lien à vos amis ou insérer le puzzle dans votre site Internet ou sur votre blog.




provided by flash-gear.com


NB: j’ai enlevé une partie des liens publicitaires que le site émetteur rajoute, pour ne laisser que le minimum (qui est suffisant).

Appel à la foule

Un des grands chantiers du Web, c’est l’indexation des contenus. Cela signifie que chaque objet d’information: page web, fichier graphique, document, doit recevoir des mots-clés. Dans une banque de données restreinte comme un catalogue de musée ou de bibliothèque, c’est déjà une entreprise délicate. Mais à l’échelle d’Internet, c’est une tâche titanesque. Pourtant la nécessité est claire, si l’on souhaite accéder à l’ensemble des ressources via un moteur de recherche. Les éléments comportant du texte peuvent être indexés et livrer ainsi quelques mots-clés (même si ce n’est pas forcément les termes par lesquels les gens les chercheront). Les images continuent à poser un problème. Les moteurs de recherche d’images fonctionnent habituellement en indexant le nom du fichier et le contenu de la page où l’image est intégrée. Les images étant par nature complexes, on n’obtient pas forcément les mots-clés adéquats. Le recours à l’intelligence humaine semble être encore le meilleur moyen. Mais comment indexer des masses d’images?
Cette question est posée depuis quelques temps sur Internet, notamment grâce à des sites de partage de photos comme Flickr. Sur ce site, celui qui met une image peut insérer des mots-clés. Les autres utilisateurs ont la possibilité de proposer des mots-clés complémentaires, si le propriétaire des images l’autorise.


Exemple d’une image “taggable” dans Flickr

La possibilité de donner des mots-clés à des objets s’appelle le tagging, du terme anglais tag.
Pourquoi cette possibilité de donner des mots-clés alternatifs? C’est essentiel, car on sait que c’est une pratique très subjective. Celui qui a créé l’image est peut-être un connaisseur du sujet: imaginons un botaniste qui prend une photo d’une fleur. Il va en donner le nom scientifique. Mais la plupart des gens utiliseront le terme vernaculaire pour rechercher une image de cette fleur. De plus, ce terme vernaculaire peut changer d’une région à l’autre. On comprend alors l’intérêt de laisser d’autres utilisateurs proposer des mots-clés. Il y a bien entendu le risque d’avoir aussi des termes erronés ou absurdes, mais le bénéfice général est supérieur. Quand on donne la possibilité au public de proposer des mots-clés, on parle de folksonomy ou indexation populaire.
Dans le domaine des musées, on s’est intéressé à la folksonomy. Il y a des expériences en cours, comme le “Art Museum Social Tagging Project” ou Steve. Le site Web du projet présente des oeuvres d’art et des objets archéologiques ou ethnologiques à indexer. Les visiteurs peuvent proposer des mots-clés. Une première analyse des termes proposés par le public montre que 90% des termes proposés ne se trouvent pas dans la documentation du musée relative à aux objets correspondants.

http://www.steve.museum/index.php?optio … &id=51

http://www.steve.museum/

Cela illustre bien le fossé entre l’indexation savante et les représentations populaires. Et cela fonde la nécessité de l’indexation populaire. Du reste, certains musées jouent déjà le jeu:

http://www.clevelandart.org
http://magart.rochester.edu/

Le recours aux foules pour indexer des masses énormes de documents correspond à deux tendances profondes et conjointes du web. Tout d’abord le Web 2.0 et la soif des internautes de participer aux contenus. Wikipédia, l’encyclopédie participative, en est l’exemple-phare. On est passé d’un internaute consommateur, content de trouver de nombreuses données en ligne, à un internaute consomm-acteur, qui souhaite contribuer aux sites qu’il visite, en commentant, en composant des textes, en intégrant des images, etc… La seconde tendance est en fait l’autre face du Web 2.0: les initiateurs de grands projets ont tôt fait de comprendre le parti qu’ils pouvaient tirer de la situation en utilisant le travail de la foule des internautes. On parle alors de “crowdsourcing”, un terme forgés sur les termes “crowd” (foule” et out-sourcing. Il y en a de nombreux exemples: cela peut aller de l’utilisation de la puissance de calcul de milliers d’ordinateurs dispersés dans le monde à de la recherche médicale. Certains projets assurent même un revenus à ceux qui y participent.
En l’absence de salaire, comment convaincre les internautes d’indexer des images? Le tagging est une activité modeste et invisible (contrairement à un article dans Wikipédia). Luis von Ahn, un chercheur en informatique, a considéré que la facteur humain était essentiel dans l’informatisation et la numérisation. Il a imaginé qu’un simple jeu pouvait permettre d’indexer une masse considérable d’images. Il a mis au point ESPgame: on joue avec un partenaire attribué par le système. Chacun voit la même image et doit proposer des mots-clés dans un temps limite pour obtenir des points.

http://www.espgame.org/

Ce jeu a obtenu un grand succès et il a été repris par Google, sous le nom de Google Image Labeler:

http://images.google.com/imagelabeler/

Ainsi, grâce à ce jeu simplissime et pourtant amusant (voire addictif comme tous les jeux à score), Google escompte bien indexer des masses à peine chiffrables d’images et améliorer ainsi les recherches de Google Images.

Alors que le monde physique est marqué par une tendance à l’individualisme, le monde virtuel retrouve l’esprit des bâtisseurs de cathédrale, de la participation à une tâche qui dépasse l’individu. Cet état d’esprit est fondamental pour augmenter les informations sur Internet et les consolider en les rendant plus accessibles. Il est évident que l’indexation est l’une des clés de cette consolidation et qu’elle ne peut pas être le fait d’individus ou d’équipes restreintes et hautement formées.

Un moteur de recherche d’images

Picsearch est un nouvel outil pour ceux qui recherchent des images sur Internet. Sur sa page d’entrée, il montre les quatre images les plus populaires de la semaine. Quand on va régulièrement sur le site, on se rend compte que les sujets choisis correspondent, en partie du moins, avec l’actualité.

Autre intérêt de ce site: il propose des termes de recherche proches pour aider l’utilisateur à préciser sa requête.
Comme Google Images, il est basé sur l’indexation du Web. Il ne s’agit donc pas d’un moteur qui analyse les images elles-mêmes.
Picsearch se présente également comme “Family Friendly”, dans la mesure où il filtre les contenus pour adulte. Il offre aussi la possibilité les images “offensante” qui se retrouveraient dans son index.
Il est aussi possible d’intégrer une boîte de recherche Picsearch sur son site, en intégrant un simple bout de code HTML:


http://www.picsearch.com/

Patrimoine portugais

Le site Matriz (Inventário e Gestão de Colecções Museológicas) a pour but de réunir les catalogues des musées portugais dans une interface unique. Il s’insère dans le cadre du programme eEurope et s’est fait sous l’égide de l’Instituto Português de Museus. Plus de 30’000 objets provenant d’environ 25 musées sont accessibles. Il est possible de faire des recherches selon le musée, le domaine, l’artiste, des mots-clés. Les requêtes peuvent également être modulées selon le type d’utilisateur: grand public ou scientifique. Derrière le site se cache, semble-t-il, un système de gestion des collections assez complexe.
La banque de données du site permet aussi de visualiser les objets qui ont été exposés lors d’expositions temporaires. Malheureusement les dates des expositions saisies dans le système laissent penser que le site n’est plus guère entretenu, ou du moins cette partie-là.


http://www.matriznet.ipmuseus.pt/

L’ergonomie est peu efficace. Le site se borne en fait à une interface de requête de banque de données. Il n’y a pas d’outil de valorisation des collections, comme des galeries prédéfinies ou des expositions virtuelles. Vu la quantité d’objets disponibles et leur variété, c’est vraiment dommage. Globalement, dans le domaine de la diffusion culturelle, la mise en ligne d’un catalogue, n’est pas suffisante. Si on veut toucher le grand public, il faut s’intéresser à la visualisation et la valorisation.


Instituto Português de Museus