Au delà

Recueil de poèmes d'Alice de Chambrier, édité en 1884, à titre posthume, par Philippe Godet.

Pourquoi mourir ?

La fourmi demanda quelque soir à la rose ;
« Pourquoi faut-il mourir ? » La belle fleur frémit :
« Je ne le sais, fourmi, lui dit-elle et je n'ose
Songer à cet instant où tout sombre et finit.

Fugitive

Nous sommes étrangers et passons sur la terre
Comme un esquif léger qui fuit en se jouant
Sous les furtifs baisers d’une brise légère,
Et dans l’horizon bleu disparaît lentement ;

Maison abandonnée

Eux sont loin maintenant, et le logis demeure.
On dit qu’il est humide et par le temps miné :
Nul n’a compris, hélas ! qu’il se désole et pleure
Tous les êtres chéris qui l’ont abandonné.

L’Aïeule

Tous les hôtes joyeux sont partis, et l’aïeule,
Errant d’un pas distrait dans le logis désert,
Se trouve tout à coup bien étrangement seule
En ces lieux désolés, si pleins de vie hier.

Conte de fées

Tout près d’ici je sais un beau prince enchanté
Qu’éveille quelquefois une fée à la brune
En lui mettant au front un nimbe de clarté :
Ce prince, c’est le lac, et la fée est la lune.

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