Femmes poétesses

Aux enfants

Lorsque durant l’hiver, dans les soirs de tempêtes,
Sur l’oreiller moelleux posant vos blondes têtes,
Vous fermez vos grands yeux aux terrestres clartés,
Ne songez-vous jamais, enfants joyeux et roses,
Auxquels le ciel clément prodigue toutes choses,
A ceux qu’il a laissés seuls et déshérités ?

Qui es-tu ?

Je suis de ces rêveurs qui vont, l’âme joyeuse,
Errer dans la forêt sombre et mystérieuse
Où volent les oiseaux ;
Qui voudraient s’arrêter devant chaque merveille.
Devant chaque brin d’herbe, et qui prêtent l’oreille
Aux chansons des ruisseaux.

L’Inconnu

Hélas ! c’est donc ainsi que toute chose passe !
Chaque jour qui s’enfuit n’est jamais racheté,
Et le temps qui s’en va sans laisser nulle trace
Nous porte lentement jusqu’à l’éternité.

Le Progrès

Nous avons beau mêler tous les arts aux sciences,
Nous n’atteignons jamais à tes magnificences,
O nature, si grande et si simple à la fois !
Nous demeurons vaincus par tes divins modèles ;
Nos temples, nos palais, nos œuvres immortelles
Ne valent pas le dôme immense de tes bois.

Les Ignorés

Les héros les plus grands, ce sont les moins connus,
Ce sont ceux qui dans l’ombre accomplissent leur tâche ;
Qui, sans murmures vains, travaillent sans relâche,
Puis rentrent dans la nuit dont ils étaient venus.

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