{"id":189,"date":"2007-09-18T20:39:00","date_gmt":"2007-09-18T20:39:00","guid":{"rendered":"https:\/\/be-virtual.ch\/blog\/2007\/09\/18\/valorisation-du-patrimoine-et-musee-virtuel\/"},"modified":"2007-09-18T20:39:00","modified_gmt":"2007-09-18T20:39:00","slug":"valorisation-du-patrimoine-et-musee-virtuel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/be-virtual.ch\/blog\/2007\/09\/18\/valorisation-du-patrimoine-et-musee-virtuel\/","title":{"rendered":"Valorisation du patrimoine et mus\u00e9e virtuel"},"content":{"rendered":"<p>Francesco Antinucci, directeur de recherche \u00e0 l\u2019Institut des sciences et technologies de la connaissance du CNR (Italie), vient de sortir un livre consacr\u00e9 \u00e0 la question du mus\u00e9e virtuel. Il commence sa r\u00e9flexion par une analyse critique des mus\u00e9es actuels, en se demandant si ces institutions constituent le bon outil pour atteindre le but que la soci\u00e9t\u00e9 leur a d\u00e9volu. L\u2019ouvrage se restreint \u00e0 l\u2019Italie, un pays dont le patrimoine est d\u2019une rare densit\u00e9. L\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse tout d\u2019abord aux statistiques de visite des sites. Le nombre des visiteurs cro\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement en Italie (passant de 25 \u00e0 33 millions de visiteurs entre 1996 et 2005), mais ces visiteurs ne se r\u00e9partissent absolument pas de mani\u00e8re homog\u00e8ne \u00e0 travers l\u2019offre \u00e0 disposition. En effet, sur un \u00e9chantillon de 400 mus\u00e9es environ, 2% des mus\u00e9es (soit 9 institutions) captent la moiti\u00e9 des visiteurs et 8% des mus\u00e9es (soit 33 institutions) re\u00e7oivent 75% des visites. Selon l\u2019auteur, il s\u2019agit d\u2019une situation typique d\u2019oligopole en \u00e9conomie : quelques producteurs absorbent la majorit\u00e9 du march\u00e9, laissant des miettes aux autres. Et si cela fonctionne, c\u2019est essentiellement parce que ces producteurs ont r\u00e9ussi \u00e0 imposer leur marque. Ainsi les gens se rendent dans un mus\u00e9e parce qu\u2019il est connu, plus que pour son contenu.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bp1.blogger.com\/_0O46EBN2sig\/R6iq7bn-smI\/AAAAAAAAAJo\/XVSSXCquHpQ\/s1600-h\/museivirtuali.gif\"><img decoding=\"async\" style=\"cursor: pointer;\" src=\"http:\/\/bp1.blogger.com\/_0O46EBN2sig\/R6iq7bn-smI\/AAAAAAAAAJo\/XVSSXCquHpQ\/s400\/museivirtuali.gif\" alt=\"\" id=\"BLOGGER_PHOTO_ID_5163564910784721506\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Pour v\u00e9rifier cette affirmation, il faut \u00e9valuer les connaissances acquises par les visiteurs au cours de leur visite. Une telle \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aux Mus\u00e9es du Vatican. On pr\u00e9sente des images de tableaux aux visiteurs, en leur demandant de les reconna\u00eetre. 9% reconnaissent les diff\u00e9rentes \u0153uvres, 35% un seul tableau. Il s\u2019en trouve plus de 20% pour reconna\u00eetre les images de tableaux qui n\u2019\u00e9taient pas pr\u00e9sents dans le mus\u00e9e. Francesco Antinucci \u00e9voque aussi la probl\u00e9matique des expositions \u00e9v\u00e9nements tr\u00e8s \u00e0 la mode. Finalement, pour lui, le probl\u00e8me de fond est que le mus\u00e9e ne communique pas sur les \u0153uvres. Il se contente de les pr\u00e9senter, les unes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres, parfois dans des locaux mal adapt\u00e9s, ou alors dans des expositions qui attirent les foules.<br \/>Comment d\u00e8s lors r\u00e9tablir cette communication de l\u2019\u0153uvre. Il se met donc \u00e0 chercher la solution du c\u00f4t\u00e9 des technologies de l\u2019information et de la communication. L\u00e0 aussi, il faut se m\u00e9fier des \u00e9vidences. La technologie n\u2019est pas une fin en soi et il faut savoir l\u2019adapter \u00e0 l\u2019objet. Le probl\u00e8me est que les ing\u00e9nieurs ne connaissent pas bien l\u2019art, mais veulent montrer leurs possibilit\u00e9s, alors que le personnel des mus\u00e9es \u00e9prouve une certaine r\u00e9ticence \u00e0 l\u2019id\u00e9e de recourir \u00e0 l\u2019informatique et \u00e0 la num\u00e9risation. Dans le domaine de l\u2019adaptation des technologies de l\u2019information aux mus\u00e9es, des recherches devraient \u00eatre entreprises. Un des espoirs de l\u2019auteur est qu\u2019un pays comme l\u2019Italie, si richement dot\u00e9 en \u0153uvres d\u2019art, acqui\u00e8re un leadership dans ce domaine.<br \/>Mais alors comment utiliser ces technologies ? L\u2019auteur parcourt les possibilit\u00e9s qui existent d\u00e9j\u00e0 et envers lesquels il montre une certaine s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. Le site Web d\u2019un mus\u00e9e, la visite virtuelle des salles ou le catalogue en ligne n\u2019apportent pas, \u00e0 ses yeux, de r\u00e9elle valeur ajout\u00e9e. Selon lui, le mus\u00e9e virtuel est une projection communicationnelle tout azimut du mus\u00e9e r\u00e9el. Sa communication est centr\u00e9e autour de l\u2019\u0153uvre. Il imagine que ce sont les technologies de l\u2019imagerie de synth\u00e8se qui permettraient de recr\u00e9er des environnements, qui ne seraient pas les salles ferm\u00e9es du mus\u00e9e, dans lesquels l\u2019\u0153uvre peut \u00e0 nouveau communiquer avec celui qui l\u2019observe.<\/p>\n<p>Ma d\u00e9finition du mus\u00e9e virtuel ne correspond pas vraiment \u00e0 celle de Francesco Antinucci. Le mus\u00e9e virtuel est celui que le visiteur peut cr\u00e9er lui-m\u00eame, par divers moyens. Le premier \u00ab outil \u00bb \u00e9tait l\u2019imagination humaine : c\u2019est le mus\u00e9e imaginaire de Malraux. Internet permet de recr\u00e9er \u00e0 l\u2019infini des infinit\u00e9s de collections d\u2019\u0153uvres et d\u2019objets, suscitant des confrontations nouvelles. Le mus\u00e9e virtuel permet lui aussi un jeu, un commentaire et une r\u00e9appropriation des \u0153uvres (gr\u00e2ce aux moteurs de recherche et aux outils du Web 2.0). Le mus\u00e9e virtuel de Francesco Antinucci ressemble plut\u00f4t \u00e0 une \u00ab\u00a0machine \u00e0 voir\u00a0\u00bb. J\u2019avais rencontr\u00e9, dans mes lectures, un projet assez fou d\u2019un compactus g\u00e9ant qui permettait d\u2019amener m\u00e9caniquement des \u0153uvres dans une petite salle dans laquelle il \u00e9tait possible de les observer \u00e0 loisir. Il est clair que l\u2019imagerie de synth\u00e8se permet cela. On pourrait remettre la Joconde \u00e0 Chenonceaux, au-dessus du lit de Fran\u00e7ois 1er, r\u00e9assembler des tableaux provenant de retables, replacer les portraits dans des salons. Ainsi le visiteur comprendrait mieux le sens de ces images et le contexte de leur production. Mettre des dizaines de chefs-d\u2019\u0153uvre c\u00f4t\u00e9 \u00e0 c\u00f4te, c&rsquo;est une excellente mani\u00e8re de les faire passer inaper\u00e7us. Au fond le message fondamental de cet ouvrage est simple : plut\u00f4t que de se demander s\u2019il faut des mus\u00e9es r\u00e9els ou des mus\u00e9es num\u00e9ris\u00e9s, il faut voir quelle est la meilleure mani\u00e8re de valoriser le patrimoine culturel. Et dans ce domaine, la r\u00e9ponse devrait \u00eatre tr\u00e8s ouverte.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.laterza.it\/scheda_libro.asp?isbn=9788842082866\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.laterza.it\/scheda_libro.asp? &#8230; 8842082866<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Francesco Antinucci, directeur de recherche \u00e0 l\u2019Institut des sciences et technologies de la connaissance du CNR (Italie), vient de sortir un livre consacr\u00e9 \u00e0 la question du mus\u00e9e virtuel. 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