{"id":345,"date":"2006-08-16T14:10:00","date_gmt":"2006-08-16T14:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/be-virtual.ch\/blog\/2006\/08\/16\/litterature-numerique\/"},"modified":"2006-08-16T14:10:00","modified_gmt":"2006-08-16T14:10:00","slug":"litterature-numerique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/be-virtual.ch\/blog\/2006\/08\/16\/litterature-numerique\/","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature num\u00e9rique"},"content":{"rendered":"<p>Dans le domaine de la num\u00e9risation du savoir, il est des initiatives plus adapt\u00e9es \u00e0 leur objet que d\u2019autres. C\u2019est certainement le cas du projet Artam\u00e8ne. Peu d\u2019entre nous savent que le roman le plus long de la langue fran\u00e7aise, intitul\u00e9 \u00ab Artam\u00e8ne ou le Grand Cyrus \u00bb, compte 13&rsquo;000 pages dans son \u00e9dition originale (combien de mots ?), soit un demi-m\u00e8tre de rayonnage de biblioth\u00e8que. Ce texte a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 au 17\u00e8me si\u00e8cle, pour \u00eatre lu dans les salons. Son auteur n\u2019est pas connu avec une totale certitude : attribu\u00e9 \u00e0 Georges de Scud\u00e9ry, il aurait plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par sa s\u0153ur Madeleine. Son intrigue principale raconte les amours de Cyrus, le roi de Perse, et de Mandane, mais elle contient toute une s\u00e9rie d\u2019histoires secondaires. Cette \u0153uvre a eu un grand succ\u00e8s \u00e0 son \u00e9poque, si l\u2019on en juge par les allusions qu\u2019on retrouve dans le reste de la litt\u00e9rature contemporaine. Mais son format lui a ferm\u00e9 les portes d\u2019une grande renomm\u00e9e dans les si\u00e8cles qui ont suivi.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bp0.blogger.com\/_0O46EBN2sig\/R6nNj7n-wyI\/AAAAAAAAArI\/QTk48niao8A\/s1600-h\/scudery.jpg\"><img decoding=\"async\" style=\"cursor: pointer;\" src=\"http:\/\/bp0.blogger.com\/_0O46EBN2sig\/R6nNj7n-wyI\/AAAAAAAAArI\/QTk48niao8A\/s400\/scudery.jpg\" alt=\"\" id=\"BLOGGER_PHOTO_ID_5163884464941482786\" border=\"0\" \/><\/a><br \/>Madeleine de Scud\u00e9ry, Biblioth\u00e8que Nationale de Paris<\/p>\n<p>Internet pourrait redonner une nouvelle vie \u00e0 cette \u0153uvre. C\u2019est en tout cas le pari fou qu\u2019a fait Claude Bourqui, professeur boursier \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres de l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel. Pendant trois ans, avec une \u00e9quipe de trois personnes, il a mis en \u0153uvre la num\u00e9risation de ce texte et l\u2019a publi\u00e9 int\u00e9gralement sur un site Internet. Contrairement \u00e0 ce qu\u2019on trouve habituellement dans les biblioth\u00e8ques virtuelles, ce n\u2019est ni un fichier sorti du scanner (ce qu&rsquo;on voit souvent sur Gallica), ni le texte brut (comme dans le projet Gutenberg). Il s\u2019agit d\u2019une sorte d\u2019hypertexte*, con\u00e7u pour une lecture \u00e0 l\u2019\u00e9cran et la recherche d\u2019extraits. En effet, le texte est d\u00e9coup\u00e9 en morceaux correspondant aux pages de l\u2019\u00e9dition prise en compte (1656). Mais chaque partie du roman a deux niveaux de r\u00e9sum\u00e9, ce qui \u00e9vite au lecteur la lecture totale de l\u2019\u0153uvre et ce qui lui permet de choisir les extraits qu\u2019il souhaite ou bien de trouver des histoires secondaires. Quand on arrive dans le texte original (avec l\u2019orthographe de l\u2019\u00e9poque), on trouve des liens hypertextuels sur les noms propres, qui conduisent vers un index des personnages, ce qui est appr\u00e9ciable pour un r\u00e9cit qui met en sc\u00e8ne plus de quatre cents personnages.<br \/>Le site est pourvu d\u2019une bo\u00eete \u00e0 outils comportant de nombreuses fonctionnalit\u00e9s, rendant son utilisation confortable : choix entre pr\u00e9sentation sous forme de page ou texte continu, disparition des r\u00e9sum\u00e9s, agrandissement de la police (pour les personnes malvoyantes), etc. Il offre aussi la possibilit\u00e9 de t\u00e9l\u00e9charger l\u2019ensemble du texte en divers formats (pdf, doc, txt, etc.). Il est dot\u00e9 d\u2019un moteur de recherche plein-texte mis au point par l\u2019Universit\u00e9 de Chicago (Philologic). Le texte pr\u00e9sent\u00e9 ne constitue pas une \u00e9dition scientifique, mais outre l\u2019index des personnages, le site contient diverses ressources sur Artam\u00e8ne : articles, liens, bibliographie.<br \/>Les choix technologiques sont aussi \u00e0 relever: xml pour l\u2019encodage du texte et des logiciels open source.<br \/>Nous avons souvent \u00e9voqu\u00e9 dans le blog l\u2019<a href=\"http:\/\/www.be-virtual.ch\/blog\/static.php?page=diligence\">effet diligence<\/a> : trop de contenus pr\u00e9sent\u00e9s dans Internet sont encore profond\u00e9ment influenc\u00e9s par leurs versions mat\u00e9rielles. Le site que nous venons de pr\u00e9senter tire au contraire parti des possibilit\u00e9s du Web pour redonner une seconde vie \u00e0 une \u0153uvre.<br \/><span style=\"display: block;\"><span style=\"display: block;\" title=\"Associer\" onmouseup=\"\" onmousedown=\"CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 8);ButtonMouseDown(this);\"><\/span><\/span><br \/>Adresse du site: <a href=\"http:\/\/www.artamene.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.artamene.org\/<br \/><\/a><\/p>\n<p>* J&rsquo;ai \u00e9crit \u00e0 dessein \u00ab\u00a0une sorte d&rsquo;hypertexte\u00a0\u00bb, car il ne s&rsquo;agit pas de l&rsquo;hypertexte comme on l&rsquo;entend habituellement, bas\u00e9 sur des liens. Cependant la navigation via des r\u00e9sum\u00e9s permet aussi une virtualisation du texte. Dans le cas pr\u00e9cis, il y a une certaine n\u00e9cessit\u00e9 de maintenir l&rsquo;aspect \u00ab\u00a0lin\u00e9aire\u00a0\u00bb du texte, \u00e0 cause de sa trame dramatique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le domaine de la num\u00e9risation du savoir, il est des initiatives plus adapt\u00e9es \u00e0 leur objet que d\u2019autres. C\u2019est certainement le cas du projet Artam\u00e8ne. 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