Le renouveau de l’éducation supérieure en ligne

Après ses études en Israël, Daphne Koller est partie aux Etats-Unis. Elle a fait son doctorat à l’Université de Stanford et, aujourd’hui encore, elle donne des cours dans le domaine de l’intelligence artificielle dans cette prestigieuse maison. Sebastian Thrun a fait ses études à Bonn, en Allemagne, avant de rejoindre les Etats-Unis. Il est également professeur à Stanford. En 2005, il a gagné le Darpa Grand Challenge,  une compétition mettant en jeu des véhicules terrestres sans pilote et autonomes. A part leur parcours à Stanford, un autre point commun réunit ces deux personnalités. Toutes deux ont fondé une plateforme d’enseignement à distance offrant des cours de niveau universitaire gratuits.

Coursera, créé par Daphne Koller et Andrew Ng, offre depuis avril 2012 des cours de prestigieuses université essentiellement américaines. Des hautes écoles d’autres continents apparaissent aussi dans la liste. Ainsi l’EPFL mettre à disposition les premiers cours en français. Les cours couvrent des champs divers, de l’informatique aux sciences sociales. Udacity, fondé par Sebastian Thrun, propose des cours essentiellement d’informatique, de physique ou de mathématiques. Le cours le plus célèbre est celui qui explique comment réaliser une voiture sans conducteur.

La formation à distance n’est pas nouvelle sur Internet. On peut même dire qu’elle a subit elle aussi le même sort que le commerce électronique sur Internet. Dès les débuts du Web, de nombreuses personnes ont pensé qu’Internet jouerait un rôle déterminant dans le commerce et dans l’éducation. Parallèlement au gonflement d’une bulle spéculative qui allait entraîner une première crise grave sur le net, de nombreux programmes et sites d’éducation ont vu le jour. La Suisse avait créé par exemple le Campus Virtuel, qui fut en fait une véritable déconfiture. Jacques Perriault a bien analysé les causes de cet échec dans son livre « L’accès au savoir en ligne » (2002). Les promoteurs de l’éducation sur Internet ne se sont pas intéressés à ce qui s’était déjà fait en matière d’éducation à distance, un domaine qui avait pourtant une longue tradition. Les échecs subis par les premières plateformes d’éducation ont fait long feu et il a fallu attendre longtemps jusqu’à ce que de nouvelles initiatives voient le jour. Seules se sont répandues les systèmes open source comme Moodle permettant à chacun de créer une classe virtuelle.

2012 voit donc l’émergence de plusieurs plateformes importantes. Le succès est immédiat. Lancée en avril, Coursera a plus de 2 millions d’utilisateurs en décembre. Un cours peut attirer entre 40’000 et 50’000 utilisateurs. Le seul cours pour lequel j’ai des données fait état de 2500 certifiés au terme du cours, ce qui représente 5%. Ce pourcentage est un excellent taux d’engagement en ligne, quand on songe à l’investissement en temps et en énergie nécessaire pour assimiler l’enseignement. Le premier cours offert par Udacity en 2011, consacré à la création d’une voiture auto-conduite et donné par Sebastian Thrun lui-même a réunit 160’000 étudiants du monde entier.

Les cours de Coursera et Udacity sont gratuits. Majoritairement en anglais (l’EPFL donnera tout de même un cours en français), ces cours sont très suivis par des étudiants de pays émergents qui n’ont pas accès à ce type d’éducation chez eux. Certains ont même pu trouver un job grâce à leur certificat. Ces nouvelles plateformes doivent maintenant trouver des modèles de financement pour assurer leur avenir. L’un consisterait à faire payer pour la certification seulement. Un autre donnerait la possibilité à de futurs employeurs de détecter des collaborateurs potentiels par rapport aux cours suivis avec succès.

2013 devra confirmer ce renouveau de l’éducation en ligne. J’ai, à titre personnel, suivi un cours de manière complète sur Coursera. Le cours s’intitulait Networked Life et il était donné par un professeur de l’Université de Pennsylvania, Michael Kearns. La matière était passionnante : structure et dynamique des réseaux. La pédagogie excellente : 3 à 4 vidéos de 15 minutes à suivre chaque semaine, des lectures complémentaires et un quizz correspondant à chaque vidéos. Les vidéos elles-mêmes ne montraient pas le professeurs, mais ses diapositives qu’il commentait en voix off et sur lesquelles il écrivait des notes supplémentaires. Petit raffinement sur Coursera, il est possible de ralentir le rythme de la vidéos, permettant à des non-anglophones de suivre plus facilement. Le sentiment de communauté se crée très vite autour d’un forum de discussion et même sur les médias sociaux. Dès qu’une difficulté apparaît, comme une question incomprise dans un quizz, le professeur et son équipe de modérateur peut réagir rapidement. Au terme du cours, j’ai obtenu mon certificat. J’en étais très heureuse, car cela avait supposé un gros investissement en temps et en énergie. Cependant j’ai le sentiment que les connaissances acquises me seront très utiles et je suis prête à recommencer.

Coursera

 

Coursera: http://www.coursera.org/

Udacity: http://www.udacity.com/

Web TV

Après plus de 15 ans de bons et loyaux services, ma télévision a pris sa retraite. Il s’agissait encore d’un modèle avec un tube cathodique, d’une taille relativement modeste. Autant dire que son successeur, quel qu’il soit, sera plus impressionnant.

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Je me disais qu’un simple téléviseur à écran plat ferait l’affaire. Mais en me promenant dans les travées d’un magasin multimédia, j’ai été frappée par un modèle. Non seulement il s’agissait d’une smart tv, c’est-à-dire d’une télévision qui peut accéder à Internet, mais en plus elle était dotée de commandes vocale et gestuelle. J’ai craqué. L’objet ramené à la maison, j’ai débarrassé vite fait les bibelots de la cheminée. C’est là qu’elle trône maintenant. Les essais n’ont pas été décevants. Bien entendu, on peut faire l’expérience du 3D. Dans ce domaine, les retransmissions des Jeux olympiques de Londres nous gâtent. Presque tout est en 3D. Essayez la natation ou le vélo! Les ralentis sont bluffants. Et on ne parle pas de la F1! Mais l’accès à Internet se révèle très intéressant. La télévision est munie d’un navigateur qui permet de surfer sur n’importe quel site. Pour le gérer, on peut utiliser la télécommande, ce qui est un peu pénible. La commande par geste est plus rapide, quand on a de l’exercice. On peut aussi connecter des tablettes ou des smartphones. Enfin il est aussi possible de connecter un clavier USB. Le plus intéressant est le monde des applications. Il est possible d’installer une application permettant, contre payement, d’assister depuis son salon à un concert d’un orchestre symphonique de renom en direct. Bref, cette télévision n’a plus grand chose à voir avec le tube cathodique de grand-papa. Elle permet au téléspectateur d’être actif. Figurez qu’avant l’achat de cet appareil, la télévision constituait pour moi une sorte de somnifère. J’arrivais rarement au bout d’un épisode des Experts ou bien je fusionnais deux épisodes en un (avec quelques contradictions dans l’intrigue). Depuis que cette smart tv trône dans mon salon, Morphée a perdu toutes ses batailles. Peu importe sa marque (en l’occurence, il s’agit d’une marque coréenne), elle démontre une fois de plus que l’avenir d’Internet ne réside pas seulement dans les ordinateurs. Au fait, je dois encore tester Skype sur ma nouvelle télé!

Leçon d’astronomie grâce à la réalité augmentée

Quoi de plus romantique que d’admirer les étoiles dans le ciel nocturne ? C’est encore mieux quand on connaît le nom des constellations et des divers corps célestes. Le petit manuel d’astronomie et la lampe de poche, c’est désormais fini. Il suffit de se munir de son iPhone ou de son iPad, d’installer l’application “Carte du ciel” et de se coucher sous les étoiles. L’écran montre tous les corps célestes qui se trouvent dans la direction où il est pointé. L’utilisateur peut faire apparaître des informations en surimpression à propos de chaque étoile ou planète. Il est possible aussi d’agrandir la partie du ciel observée ou de visualiser certains objets comme la lune, le soleil, les planètes en 3D.

Carte du ciel

Application Carte du ciel disponible dans iTunes

Cette application est un exemple de réalité augmentée, c’est-à-dire la superposition d’informations sous forme de texte, d’image ou d’objets en 3D à ce que nous percevons de la réalité et ceci en temps réel. La réalité augmentée semblait hors de portée il y a quelques années, quand il fallait de lourds dispositifs pour en faire l’expérience. Je me souviens d’avoir essayé un système de réalité augmentée il y a une dizaine d’année à Ars Electronica, à Linz en Autriche. J’ai enfilé une combinaison par laquelle j’étais suspendue. Je portais un casque avec des lunettes qui étaient en fait des écrans sur lesquels je me voyais voler sur un paysage urbain futuriste.

Ars Electronica

Ars Electronica

Mais grâce aux tablettes et aux téléphones portables, c’est une époque révolue. Les programmeurs ont su tirer parti d’éléments comme le GPS, la boussole, l’accéléromètre (pour situer l’appareil dans l’espace en temps réel), l’écran, l’appareil photo ou la caméra (pour la superposition d’informations). La réalité augmentée peut avoir de multiples usages: guides touristiques, reconstitutions de monuments antiques, éducation, art, etc. Gageons qu’elle va prendre une place de plus en plus grande dans notre paysage informationnelle.

D’un simple geste

Il y a quelques jours, j’ai installé le logiciel Flutter sur mon ordinateur. Grâce à lui, je peux démarrer ou stopper la musique que j’écoute sur iTunes d’un simple geste de la main. Il suffit de placer la paume devant la webcam pour obtenir un effet. Et c’est très pratique. Vous écoutez de la musique tout en écrivant un texte alors que le téléphone sonne. Il n’est plus nécessaire d’ouvrir iTunes. Il suffit de lever une main pour faire cesser la musique tout en décrochant le téléphone de l’autre main.

Depuis longtemps, écrans et claviers accompagnent invariablement l’ordinateur au point que la plupart des gens pensent que ces éléments en font partie. Pourtant ces accessoires ne sont pas toujours nécessaires. En d’autres termes, il existe diverses manières d’interagir avec une machine. Le geste constitue sans doute l’une de ces manières. Le succès de la Kinect en témoigne. Ce périphérique permet de contrôler des jeux vidéo sans utiliser de manette. Il est destiné à la Xbox, mais il a été détourné de multiples manières. Il existe aussi une grande variété d’accessoires, comme le joystick ou tout ce qui a pu être conçu pour une autre console de jeu, la Wii. Enfin les tablettes et les smartphones illustrent bien comment on peut se passer d’un clavier.

La voix permet également d’interagir avec un ordinateur et cela depuis longtemps. Siri a mis en évidence cette possibilité sur iPhone. Les ordinateurs sont aussi capables de parler. Ainsi les personnes aveugles peuvent utiliser un ordinateur ou accéder aux données sur Internet, car ils reçoivent toutes les informations à travers la voix synthétique de l’ordinateur. Le fameux lapin Nabaztag pouvait lire les courriers électroniques et les fils RSS. Il serait du reste tout à fait envisageable d’arriver au bureau et d’entendre une voix lire les principaux messages reçus et donner la liste des rendez-vous de la journée.

Des essais sont en cours maintenant afin d’utiliser la pensée pour manoeuvrer un appareil. Cet usage est surtout envisagé en médecine: grâce à un tel dispositif, un patient peut guider une prothèse (lire cet article).

On a conçu pendant trop longtemps l’ordinateur comme un appareil de bureau, obligeant des humains à passer un temps énorme assis devant un écran. Mais il est possible d’interagir différemment avec Internet, de l’intégrer aux objets du quotidien et de garder ses mains libres.

Mains libres

 

Photo: Flickr

Web save the Queen

La royauté britannique s’est toujours montrée friande de technologie.  En 1957 déjà, la Reine d’Angleterre avait prononcé un message télévisé. 50 ans plus tard, elle a adressé ses vœux de Noël au peuple britannique sur YouTube. Elle possède d’ailleurs un iPod que le président américain Barack Obama lui a offert en 2009. Il n’est donc pas étonnant que pour la transmission du mariage du Prince William et de Catherine Middleton, la Couronne britannique ait fait appel aux médias sociaux. Fini de rester assis sur son canapé, devant son petit écran, en écoutant le commentaire des émules de Léon Zitrone. Regarder un mariage royal aujourd’hui devient une expérience communautaire.  Tout appareil connecté à Internet était bon pour suivre l’événement en direct: ordinateur, tablette ou téléphone portable. Peu importe que l’on soit en voyage, au supermarché ou au restaurant. On pouvait découvrir la simplicité sophistiquée de la robe de mariée, le défilé des têtes couronnées et des célébrités ou la parade en carrosse. Plus encore, on pouvait obtenir facilement des informations sur les invités, l’arbre généalogique de la famille royale ou les différents palais de Londres. Mais surtout il devenait possible de partager ses émotions, sa surprise ou même ses critiques (sur certains chapeaux par exemple).

Le Palais royal avait misé sur plusieurs canaux. Le mariage a été transmis en direct sur You Tube où les images de la BBC étaient retransmises sur le Royal Channel. A côté des images télévisées, on pouvait voir défiler un commentaire expliquant le détail de la cérémonie, donnant des détails sur les personnes présentes ou décrivant les différents lieux où se déroulait l’action. Il était même possible de féliciter les jeunes mariés en postant une vidéo.

Mariage royal sur You Tube

http://www.youtube.com/user/TheRoyalChannel

Parallèlement une équipe de communicateurs commentait le mariage sur Twitter depuis Buckingham Palace. Certains messages de félicitation  était même retwittés. A mentionner celui de la reine Rania de Jordanie.

Clarence House Twitter

@clarencehouse

Enfin les photos officielles de l’événement ont été postées sur Flickr. On peut notamment y voir les images des deux gâteaux.

The Royal Wedding Cake

http://www.flickr.com/photos/britishmonarchy/

Un mariage royale anglais est tout à fait le type d’événement qui suscite un énorme intérêt et beaucoup d’émotions. De nombreuses personnes à travers le monde ont vécu ceux de la Princesse Anne et de Mark Philipps ou celui du Prince de Galles et de Lady Diana devant leur télévision (sans parler des funérailles de cette dernière). Ces téléspectateurs avaient le sentiment de faire partie d’une immense communauté qui se créait le temps d’une messe. Ils étaient cependant dans l’impossibilité de partager cet événement avec d’autres personnes que celles qui se trouvaient dans la même pièce. Maintenant il est possible de partager ses sentiments avec le monde entier, avec ses amis sur Facebook ou ceux qui nous suivent sur Twitter, de commenter costumes, chapeaux et coupes de cheveux ou alors de donner son opinion sur les dépenses liées à un mariage royal. Chacun peut avoir le sentiment de participer à l’événement sans devoir se déplacer jusqu’à Londres. Sans nul doute, cette opération ne peut que redorer le blason de la royauté. Web save the Queen!

Autres sites intéressants:

Site officiel de la Monarchie britannique: http://www.royal.gov.uk/

Site officiel du Prince de Galles: http://www.princeofwales.gov.uk/

Site officiel du mariage: http://www.officialroyalwedding2011.org/

Obama offre à la reine Elizabeth II un iPod personnalisé

Livre ou reader?

Les vacances constituent un excellent temps pour la lecture. Après la sortie de l’iPad, on peut se demander dans quel format lire le roman de l’été: en format poche ou sur reader? Une récente étude du gourou de l’ergonomie Web, Jakob Nielsen, montre qu’il faut entre 6 à 10% de temps supplémentaire pour lire un texte (en l’occurrence une nouvelle d’Ernest Hemingway) sur un reader (iPad ou Kindle), par rapport au temps nécessaire pour la même histoire dans un livre papier. Malgré tout, les participants à l’étude se sont déclarés satisfaits par la tablette en question.

Article sur CNN

Livres et tablette

Photo: MicMac1 (Flickr)

Je suis en train d’apprivoiser mon propre iPad. J’ai commencé par charger de nombreux ouvrages provenant du domaine public. Parmi eux, le Rouge et le Noir qui fait plusieurs centaines de pages. La lecture d’un roman semble fastidieuse sur le iPad et un format de poche me paraît plus agréable. Il en va autrement pour la poésie. Un poème se lit vite. L’application iBooks permet de rechercher un mot dans tout l’ouvrage, dans un dictionnaire (le français n’est pas encore disponible), sur Internet. Il est possible de mettre des passages en évidence avec différentes couleurs et d’ajouter des notes. Sans parler de la fonction copier-coller qui permet de publier un extrait dans un blog.

L’application Kindle d’Amazon, disponible pour PC, Mac, iPhone, iPad, présente encore d’autres avantages. Tout d’abord, il est possible d’avoir ses ouvrages sur plusieurs appareils. L’état de la lecture est synchronisé entre les différentes machines. Je peux lire un ouvrage sur mon iPad lorsque je suis dans un train. De retour chez moi, je reprends ma lecture sur un ordinateur et je me retrouve exactement à la page où j’en étais arrivée. L’application Kindle permet aussi de voir combien de personnes ont mis en évidence certains passages. Il est possible de voir rapidement les passages intéressants d’un essai. On peut parler de lecture collective.

Quand on dit livre, on pense roman, Proust, Balzac, Zola. Ces textes-là, on a de la peine à s’imaginer les lire sur un reader. Il en va de même du roman de l’été: on ne va pas embarquer le dernier Marc Lévy sur son iPad et le lire sur une plage. Pourtant il n’y a qu’à jeter un œil sur sa bibliothèque pour constater qu’il existe de nombreux types de livres qu’on ne lit pas de manière linéaire. Que l’on songe aux dictionnaires, aux guides de voyage, aux manuels en tout genre, aux livres de cuisine. On peut parler de lecture utilitaire. Ce sont précisément ces ouvrages qui se prêtent le mieux à une transposition sur iPad. J’ai justement acheté un livre de recettes culinaires. Je peux chercher des recettes par mots clés (que faire avec des pommes ?), par thème (Noël). Je peux établir une liste d’achats pour un menu. Une partie des recettes et certaines actions (découper une langoustine) sont présentées sous forme de vidéos. Les recettes sont prévues pour 4 personnes. Je peux ajouter ou enlever des convives et l’application recalcule les quantités dont j’ai besoin. Seul inconvénient: il faut faire attention à son iPad sur la surface de travail …

Les readers sont conçus pour un autre type de lecture que celle d’un roman. Une lecture qu’on pourrait qualifier de discursive. Ils permettent d’annoter, de rechercher. Ils donnent de nouveaux accès à l’information, comme la géolocalisation pour les guides de voyage. On ne le dira jamais assez, les livres de papier ne disparaîtront pas. Les readers s’ajoutent à de nombreux dispositifs permettant de lire et d’accéder à la connaissance. J’ai un laptop, un iPhone, un iPad et je croule sous les livres de papier …

Vieux gadgets

Hardware Zone, un site technologique de Singapoure, fête ses douze ans. Pour marquer le coup, il s’offre une exposition virtuelle en ligne montrant l’évolution des technologies électroniques et numériques. L’exposition est composée de trois parties. La première retrace l’histoire du site. La second offre des frises chronologiques pour plusieurs types d’appareils, de périphérique ou même pour Internet. La troisième partie est participative: les internautes peuvent poster des images de vieux gadgets électroniques qu’ils ont chez eux: polaroïd, gameboy, téléphone portable de première génération, etc… Des prix récompenseront les meilleures images. En regardant cette galerie d’image, on réalise à quel point l’obsolescence est de plus en plus vite atteinte. Un appareil des années 80 semble complètement dépassé.

Gadgets

http://www.celebratetechnology.com.sg/

http://www.hardwarezone.com.sg/

Cette exemple montrer que l’exposition virtuelle n’est pas le fait des seuls musées, mais constitue une forme en soi qui peut être utilisée dans diverses stratégies de communication.

Digital natives: mythe ou réalité?


Qu’en est-il des digital natives? Lift a tenté de répondre en y consacrant une session. Antonio Casilli, chercheur à l’EHESS, a montré que cette catégorie ne correspondait pas à une évidence du point de vue empirique. Il s’agirait d’une construction dues à des raisons économiques (les jeunes sont friands de produits à forte valeur ajoutée comme les jeux), culturelles (vision optimiste du futur) et démographique (exclusion sociale des seniors).

Dans la même session, un digital native est venu expliquer comment sa génération utilise Internet. Il nous a expliqué les attentes et pratiques des jeunes, forcément nés avec un ordinateur dans les mains. Tout d’abord, ils s’attendent à tout ce qu’ils trouvent sur le Net soit gratuit. La seule chose qu’ils payent est l’abonnement mensuel. Tout doit aussi être simple, rapide, facile. Ils baignent dans une information en temps réel, accessible constamment. Quant à Facebook, tout le monde l’utilise. Les jeunes ne sont pas préoccupés autrement par les problèmes liés à la vie privée. A la question de savoir s’il avait un sentiment d’addiction, posée par le public, notre jeune digital native a répondu par la négative.

Alors, ils existent, ces digital natives? Ce qui est certain, c’est que la question va disparaître avec le temps. De plus, il existera toujours dans la société des pratiques variables selon les individus.

Un autre regard

L’avantage d’événements comme les conférences Lift est de donner l’occasion de porter un autre regard sur le Web et les nouvelles technologies. Un nouvel angle de vision

Olivier Glassey et Christian Heller nous ont parlé de la vie privée. Voilà un concept que chacun pense connaître. Après ces exposés, on comprend que la notion de vie privée n’a pas toujours existé. Au Moyen-Âge et dans les sociétés rurales, elle était inexistante, car tout le monde se connaissait et s’épiait. La vie privée a émergé peu à peu, avec la naissance de l’individualisme. Elle va encore évoluer. Les réseaux sociaux induisent de nouvelles pratiques. Fait intéressant: il semble que dans Facebook, les gens ont tendance à faire un portrait d’eux plutôt réaliste.

Catherine Lottier, Virginia Mouseler, Mercedes Bunz ont évoqué l’avenir des médias traditionnels dans un monde de plus en plus imprégné par les technologies de l’information. Les deux premières ont montré, exemples à l’appui, que les contenus et la forme des médias traditionnels sont de plus en plus influencés par les les nouveaux médias. Ils utilisent leurs codes comme l’immersion, la simulation, … Mercedes Bunz nous a invité à réfléchir sur la place de plus en plus grandissante des algorithmes dans la production et la diffusion des contenus. Il existe même des systèmes informatiques permettant de générer des comptes-rendus de rencontres sportives. Cela remplacera-t-il vraiment le journalisme?

Toujours pour nous permettre de prendre une certaine distance, une pédicure est venue nous parler de son métier, un métier où les ordinateurs et les technologies de l’information ne jouent aucun rôle.

Parallèlement aux ateliers et aux sessions, Lift10 présente des créations de start up ou d’inventeurs. Dans le hall du Centre des congrès, il y a des tables où il est possible de voir des démonstrations. Deux chercheurs de New York University ont fait une démonstration d’un dispositif permettant de simuler la vision d’une fourmi. Un casque contient un petit écran et deux “gants de boxe” supportent les caméras. L’une des deux caméras a une vision microscopique. Les mêmes inventeurs ont créé un système analogue pour voir comme une girafe. Dans ce cas, la caméra est placé un peu au-dessus de la tête.

Vision de fourmi

Sur une autre table, on pouvait assister à une démonstration d’un objet qu’on peut définir ainsi: entre un lapin Nabaztag et un tamagochi. Il s’agit d’une petite créature de plastique appelée Deskfriend et qui rappelle vaguement un pingouin. Sa docking station est lié à l’ordinateur via un câble USB, mais la créature peut se déplacer librement sur le bureau. Il faut un compte Facebook pour la configurer. Ensuite elle peut lire des fils RSS, avertir de l’arrivée d’un email (côté lapin Nabaztag). Il faut cependant s’occuper d’elle en la nourrissant et en lui donnant des cadeaux (depuis Facebook). Dans le cas contraire, elle manifeste son mécontentement (mais heureusement elle n’en parle pas sur Facebook). Elle réagit aussi aux caresses.

Deskfriend

Toujours dans la perspective de modifier son angle de vue, une start up propose de créer une page ayant l’apparence d’un journal en ligne à partir d’un compte ou d’un hashtag Twitter. Le système lit tous les tweets, suit les liens, regarde les messages des personnes suivies et il compose la page Internet. Plutôt que d’avoir une homepage de news stardand, on obtient une offre spécialisée, adaptés à ses goûts ou thématique.

paper.li

http://paper.li

Une loi de Moore pour les réseaux sociaux

Lors du Web 2.0 Summit de novembre 2008, Mark Zuckerberger, l’un des fondateurs et le directeur exécutif de Facebook, a émis l’hypothèse d’une loi analogue à la loi de Moore pour le partage d’information sur les réseaux sociaux. Selon Gordon Moore, le fondateur d’Intel, la capacité des puces électroniques devait doubler tous les deux ans. Sa prédiction s’est révélée étonnamment exacte pendant longtemps, mais elle butte maintenant sur des frontières physiques liées aux matériaux utilisés. Zuckerberger postule que la quantité d’informations partagée par les utilisateurs des réseaux sociaux va doubler tous les ans.

http://bits.blogs.nytimes.com/2008/11/06/zuckerbergs-law-of-information-sharing/

Les derniers chiffres publiés par comScore tendent à prouver que cette prédiction est correcte. En un an, le nombre de visiteurs uniques par mois de Facebook a doublé, passant de 54 millions en décembre 2008 à plus de 111 millions en décembre 2009. Il ne s’agit pas du nombre de personnes qui ont un compte Facebook, mais du nombre de ceux qui visitent effectivement le site au moins une fois dans le mois. Le nombre d’utilisateurs semble avoir aussi doublé durant ce laps de temps. Ce qui est intéressant, c’est d’observer l’activité des utilisateurs. Le nombre moyen de visiteurs quotidiens a passé de 13 millions à 37 millions (+ 180%). Le total de minutes passées sur le système a augmenté de presque 200%. Le nombre de pages vues par mois a grimpé de 150% et le nombre total de visites a augmenté de plus de 230%, passant de 913 millions à 3 milliards. En clair, l’usage du site augmente plus vite que le nombre de ses utilisateurs.

http://blog.comscore.com/2010/01/strong_year_for_facebook.html

Est-ce vraiment étonnant ? Facebook et les réseaux sociaux en général sont peut-être les types de site les plus conformes à la nature d’Internet. Internet est avant tout un réseau ne comportant aucun centre, mais des nœuds dont certains sont plus importants que les autres. Cependant quand Internet est devenu un outil d’information grand public, les premiers modèles de diffusion ressemblaient furieusement  à ceux des médias classiques : des producteurs de données créaient des sites et diffusaient leur information, à l’image des journaux, des télévisions et des radios. Peu à peu, de nouvelles formes ont émergé. Le blog permettait le dialogue entre les utilisateurs et le diffuseur. Le wiki instaurait la collaboration en ligne à large échelle. Cette possibilité donnée à chacun de publier des informations a rendu la frontière entre émetteur et récepteur complètement floue. Le Web commençait à fonctionner en réseau. Avec Facebook et les réseaux sociaux, on assiste peut-être à un tournant : c’est le réseau qui prend le pas sur l’information. L’information sert en quelque sorte de monnaie d’échange aux participants. Pour que le réseau fonctionne, se développe, il doit, dans une première phase, attirer des participants et, dans une seconde phase, encourager l’utilisation du système.

Violon

Avec Facebook et les autres réseaux sociaux, on ne peut plus parler de site Internet, mais d’écosystème de l’information. Les enjeux sont maintenant d’ordonnancer l’information qui passent à travers ces écosystèmes. Ce sont donc les fonctions de recherche qui deviennent cruciales. Twitter mise complètement sur la recherche et la mise en exergue des trends.

Facebook peut-il devenir un outil d’information ? C’est une question cruciale. L’information que ses utilisateurs publient provient de deux sources : les données personnelles, comme des photos de vacances, des commentaires, et le Web, dont les internautes diffusent le contenu en partageant des liens. Facebook sert de caisse de résonance aux sites et même aux blogs. Il ne suffit plus de publier une information sur un blog ou un site, mais il faut encourager ou susciter sa reprise par des utilisateurs à travers les réseaux sociaux. De cette manière, l’information se diffuse plus largement.