Créativité mobile

La conférence Lift nous propose une session consacrée à la créativité que peuvent susciter les appareils mobiles. Selon Geoffrey Dorne, designer, les technologies mobiles changent de nombreux usages et sont porteuses d’innovation. Le principe est maintenant un usage, une app. En tant que designer, il faut être à l’écoute des signaux faibles.
Il y a un retour au côté sensible, émotionnel dans les apps, notamment avec la fonction tactile. On a envie de toucher la musique.
Il y a un retour à la matérialité: l’imitation du réel dans le virtuel n’est plus intéressante (skeuomorphisme). On sort du téléphone et on envoie une carte postale réelle. L’ipad devient le plateau du jeu, mais on utilise des vrais pions.
Demain le téléphone va se dématérialiser, se cacher sous le plateau de jeu ou dans un autre dispositif. Il ne sera plus qu’une machine à capter.
Il y aura plus de proximité entre l’objet et l’intime.  Les usages et les apps sont à prendre comme des signes d’évolution sociale, d’où l’importance de rester à l’écoute des signaux faibles.
Christopher Kirkley observe la création culturelle en Afrique de l’ouest. Les téléphones portables y sont utilisés différemment. Ils permettent de créer des images et des vidéos que les gens partagent ensuite d’appareil à appareil. Elles circulent dans un réseau de gens qui se connaissent et qui se déplacent. La musique constitue l’un des contenus les plus importants.  Elle est créée dans des studios de fortune et circule sur les téléphones. C’est un phénomène essentiel pour la diffusion de la culture des minorités.  De plus en plus de téléphones sont connectés à Internet en Afrique.  Cela permettra de décloisonner la création culturelle. 

La visibilité de l’archéologie suisse sur le Web

Le projet HORIZONS 2015, soutenu par de nombreuses associations, groupes de travail et organisations d’archéologie, a pour ambition, au cours des années 2010-2015, de répondre aux défis posés à l’archéologie en Suisse : polémique sur la réduction du droit de recours des associations, augmentation des fouilles de sauvetage dû au boom de la construction, manque de temps pour l’élaboration des données acquises lors des fouilles d’urgence, insuffisance des structures nationales dans la mise en place de stratégies de recherche, de thèmes et de standards communs, coupes budgétaires, situation précaire de l’emploi pour de nombreux archéologues, réduction des effectifs des diverses associations, etc. Suite à un concours d’idées, plusieurs groupes de travail ont été mis en place, dont un groupe « Nouvelles  technologies et médias ». L’association HORIZONS 2015 a organisé une manifestation destinée à tracer un premier bilan des divers travers. Cette manifestation s’est tenue à Bâle le 18 janvier 2013.

http://www.horizont2015.ch

 Evaluation de la présence de l’archéologie suisse sur Internet

Le groupe de travail « Nouvelles  technologies et médias », dirigé par Robert Michel (@archeofacts), et dont je fais également partie, a pour mandat de réfléchir à l’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de l’archéologie suisse . Il a décidé de commencer ses travaux par un inventaire des ressources disponibles en ligne. Cet inventaire contient les sites Web des services cantonaux d’archéologie, des musées comportant une collection d’archéologie, des instituts universitaires d’archéologie, des organisations faîtières ainsi qu’un certain nombre de ressources en ligne liées à l’archéologie suisse.

Une fois l’inventaire établi, les différents sites ont été analysés selon une liste de critères : type de site (page d’information, site brochure, ressource), intégration dans un portail ou site indépendant, logique de la structure de navigation (thématique, organisationnelle, selon des tâches, géographique), présence d’actualités, de ressources en ligne (par ex. publications, rapports, …), de listes de liens vers d’autres sites, d’informations géo-localisées (par ex. carte archéologique), d’explications sur les méthodes de l’archéologie, d’informations concernant les procédures d’annonce de découverte ou les bases légales de l’archéologie.

Miroir de l’organisation de l’archéologie institutionnelle

Cette analyse des sites permet d’établir une première synthèse sur la présence de l’archéologie suisse sur Internet. Les informations disponibles sur le Web ne permettent pas de donner une image d’ensemble du thème en question. Elles constituent essentiellement un miroir de la manière dont l’archéologie est organisée, qu’il s’agisse d’archéologie préventive, de recherche académique ou de mise en valeur muséale. Le fédéralisme de la Suisse veut que l’archéologie préventive soit de la responsabilité des cantons. Il en va de même des universités. Quant aux musées, ils peuvent être intégrés dans une structure cantonale ou communale. Les sites d’organisations faîtières, sans doute pour respecter cette autonomie cantonale, se contentent de créer des liens vers les sites des diverses institutions. Il faut cependant être conscient que, pour une personne qui ne connaît pas le système suisse, la recherche d’information est quasi impossible. En effet, il faut savoir au préalable dans quel département de l’administration cantonale l’archéologie est intégrée ou dans quelle faculté d’une université elle est enseignée. Ainsi, presque tous les sites présentent des listes de publications et parfois les offrent en téléchargement en PDF. Ces publications sont éparpillées sur de nombreux sites. Une personne souhaitant s’informer sur le Néolithique suisse doit visiter donc tous les sites des services cantonaux d’archéologie. Il en va de même de la rubrique « Actualités » disponible dans la plupart des sites : il n’y aucun moyen de s’abonner à l’ensemble des actualités.

Plus grave encore, aucun des sites observés ne présente les principales périodes, cultures et objets représentatifs de l’archéologie de la Suisse dans une forme accessible au grand public et cela alors que les technologies de l’information permettent de mettre à disposition à peu de frais des informations sous des formes visuelles très attractives (frise chronologique, carte de géographie, galeries de photos par exemple).

Timeline MET

Timeline du MET (cliquer sur l’image pour agrandir)

Le matériel photographique de qualité est rare. Les différentes institutions rechignent à mettre à disposition des images d’objets qui appartiennent pourtant au domaine public et qui ont été trouvés, conservés et mis en valeur majoritairement grâce à des fonds publics.

Les informations géo-localisées sont rares et, d’une manière générale, l’information archéologique ne tire pas parti des technologies les plus récentes, comme les téléphones portables équipés d’un GPS ou la réalité augmentée. Il n’y a pas de traces non plus d’utilisation d’applications collaboratives (Web 2.0). A part dans certains musées, les médias sociaux sont très peu utilisés.

Méconnaissance de l’expérience de l’utilisateur

Si les spécialistes locaux de l’archéologie, qui savent comment elle est organisée, peuvent éventuellement se contenter de la situation actuelle, elle ne satisfait pas d’autres groupes d’utilisateurs, dont voici quelques exemples : chercheurs étrangers, grand public suisse et étranger, touristes potentiels, écoliers, gymnasiens et étudiants, journalistes, décideurs et bailleurs de fonds.

Si les institutions archéologiques elles-mêmes ne mettent pas à disposition une présentation synthétique et grand public de l’archéologie de la Suisse, la manière dont elles publient leurs données et l’absence d’une culture du partage de l’information constituent un véritable blocage qui empêche cette information d’être accessible via des plateformes extérieures très utilisées. Ainsi une recherche sur Google avec le terme « Archéologie de la Suisse » conduit directement vers les sites d’organisations faîtières qui ne contiennent justement aucune information thématique, se contentant de renvoyer vers les sites des institutions cantonales.

Recherche Google

Requête sur Google avec le terme “Archéologie de la Suisse” effectuée le 19.01.2013 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Pire encore, l’article « Archéologie suisse » dans Wikipédia, un des sites les plus consultés au monde, contient seulement une mention de la revue du même nom. Là non plus, aucune mention des principales périodes et cultures. Aussi bien sur Google que sur Wikipédia, on parvient à des résultats analogues avec des recherches en langue allemande.

Wikipédia "Archéologie suisse"

Page Wikipédia “Archéologie suisse” le 19.01.2013 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Des solutions ?

La présentation de ce premier bilan a provoqué une onde de choc lors de la rencontre de Bâle. En effet, chacun a pu prendre conscience qu’en dépit d’efforts louables, l’efficacité de la communication concernant l’archéologie de la Suisse à destination du grand public n’est guère efficace.

Pour remédier à cet état de fait, il faudrait effectuer une révolution culturelle. Il paraît en effet essentiel de sortir tout d’abord de la logique institutionnelle dans la communication à destination du grand public. Ensuite il faudrait adopter une attitude radicalement différente vis-à-vis des droits d’utilisation. Anecdote amusante : lors de la présentation de ces résultats, une personne dans le public a déclaré que lorsqu’il a demandé une photographie en version numérique à un musée, ce dernier lui a envoyé, en plus de la photo, une facture. Une représentante du musée en question s’est empressée de dire qu’il fallait prendre contact par téléphone pour avoir un rabais. Voilà qui rend la diffusion des informations singulièrement compliquée. Qu’on le veuille ou non, les découvertes archéologiques font partie du domaine public. Elles sont conservées, étudiées et mises en valeur grâce à des fonds publics. Il faut donc instaurer une culture du partage, en mettant à disposition des informations et des photographies sous des licences permettant leur réutilisation et utiliser les plateformes de partage de l’information les plus populaires comme Wikipédia ou Flickr. La nature et le format des informations pourraient aussi faire l’objet d’une réflexion : si la rigueur scientifique est de mise dans les publications à destination des archéologues professionnels, une approche journalistique et un accent mis sur des anecdotes illustrant le travail des archéologues et de ceux qui les entourent intéressera plus le grand public. Publier sur Internet ne suffit peut-être pas pour diffuser des informations. Les médias sociaux devraient être donc mieux exploités pour toucher un public plus vaste. Enfin il serait bon que les archéologues et notamment les étudiants en archéologie aient la possibilité d’acquérir des connaissances dans le domaine des nouvelles technologies.

Les solutions permettant de mettre en valeur l’archéologie de la Suisse sur Internet existent. Elles vont de l’amélioration des informations sur Wikipédia à la création d’un portail d’actualités de l’archéologie suisse en passant par la réalisation d’applications pour téléphones mobiles intelligents. Certaines n’entraînent aucun frais alors que d’autres supposent des ressources et un ancrage institutionnel. L’établissement d’un catalogue de solutions et de mesures est le but que ce groupe de travail  « Nouvelles  technologies et médias » doit maintenant poursuivre d’ici à 2015.

Lire encore à ce sujet une note sur le blog Archéo Facts tenu par Robert Michel.

Slides de la présentation

Jeux Olympiques des musées

Les grands événements attirent l’attention et constituent toujours une bonne occasion de diffuser la culture auprès d’un public plus large. Les Jeux Olympiques n’échappent pas à cette règle. Un groupe de musées californiens a lancé une initiative intéressante et ludique sur Twitter pour encourager la diffusion d’oeuvres d’art plus ou moins liées au thème des Jeux olympiques et du sport. Ils ont créé un hashtag #MuseumOlympics grâce auquel les musées participants pouvaient partager des photos. De nombreux musées nord-américains se sont prêtés au jeu. C’est ainsi que des objets ou des représentations évoquant des postures d’athlètes ont été mis en ligne. Ci-dessous, un fragment de cuillère égyptienne rappelant une nageuse publiée par le Harvard Art Museum.

Source: harvardartmuseums.org via Harvard Art on Pinterest

Le classement de ces joutes, qui ont permis la diffusion d’environ un millier d’oeuvres, a été publié sous la forme d’un podium olympique:

Classement

Vous trouverez tous les résultats sur le site de Museum Olympics: http://external.ybca.org/museumolympics/.

Second Life est-il mort?

Lors d’une réunion, j’ai entendu quelqu’un prendre Second Life comme exemple d’une application qui a eu un immense succès, puis a disparu. Ceux qui affirment cela ne prennent pas souvent la peine de vérifier leurs dire. Second Life continue à exister et à s’améliorer. Il est désormais possible d’utiliser des éléments de construction plus grands, ce qui permet d’économiser les fameux “primitives” ou formes fondamentales, qui sont limités sur une surface donnée. Les meshes peuvent être importés et employés pour créer des objets sophistiqués ou même des vêtements. Cela permet essentiellement de travailler en dehors du monde virtuel, puis d’importer ses créations. Linden Lab déploie des efforts pour créer une communauté et pour mettre en valeur les lieux les plus intéressants sur son guide des destinations.

J’ai donc décidé de reconstruire mes deux principales bâtisses dans Second Life. L’une est la Domus Arriana, du nom de mon avatar. Son plan s’inspire des villas urbaines d’Herculanum. La demeure est bâtie en longueur et possède un jardin à péristyle. Dans le triclinium, j’ai mis sur les murs les peintures de la Villa des Mystères de Pompéi. Le mobilier provient en grande partie du magasin de mon amie Alexia.

Domus Arriana

Domus Arriana

Domus Arriana

Domus Arriana

Domus Arriana

Domus Arriana

J’ai également entrepris une restauration du Monastère. J’ai l’intention de rénover le bâtiment, tout en laissant quelques éléments de la bâtisse originale. Pour l’instant, la bibliothèque, la salle de réunion et la crypte ont été refaits. L’intérieur de la chapelle a été entière restauré, mais le bâtiment lui-même doit encore l’être.

Monastère

Bibliothèque du Monastère

Crypte du Monastère

Salle de réunion

Chapelle du Monastère

Le travail de construction a beaucoup changé. De nombreuses créateurs proposent des éléments de construction: colonnes, cadres de fenêtre, portes, toits, … On devient de plus en plus un assembleur. Cela rehausse bien sûr la qualité des bâtiments ainsi que du mobilier.

L’avenir de Second Life est difficile à prédire. La récession américaine se fat durement ressentir. De nombreux sims ont été abandonnés. Mais le monde virtuel est financé essentiellement grâce à la location des terrains et aux transactions commerciales sur la plateforme d’achat SLMarket. En revanche, les technologies 3D ont un avenir. Depuis peu, le cinéma en 3D a suscité l’engouement. Les utilisateurs se sont habitués à voir les objets sous tous les angles. Pour la mise en valeur de certains types d’information, la 3D est particulièrement intéressante.

 

Virtual Broad Art Museum

Eli et Edythe Broad consacrent une partie de leur immense fortune à des projets liés à l’éducation, la science et les arts. Grâce à un don de 26 millions de dollars, l’Université d’Etat du Michigan se verra doté d’un musée consacré à l’art. Ce musée présentera des collections allant de l’Antiquité à l’art contemporain. Le bâtiment présentant des surfaces d’exposition de plus de 18’000 m2 a été dessinée par l’architecte Zaha Hadid. Dans l’attente de l’ouverture du musée, prévue en automne 2012, le Eli and Edythe Broad Art Museum vient de lancer son pendant virtuel.

Créé par des artistes de renommée internationale, John Fillwalk et Adam Brown, l’espace virtuel reflète l’architecture du musée réel, conçue par Zaha Hadid, et fournit un lieu novateur et accessible de partout pour la présentation  d’œuvres numériques interactives. Quatre œuvres originales ont été créées par John Fillwalk pour le lancement du projet.

Virtual Broad Art Museum - Flickr Gettr

Parmi celles-ci, on peut mentionner Flickr Gettr qui connecte la plateforme de partage d’images Flickr à l’environnement virtuel du musée. Le visiteur entre un mot dans un champ de recherche et les images liées à ce terme apparaissent. L’application génère aussi un nuage de mots associés, ce qui permet de varier les images.

Virtual Broad Art Museum - con|FLUENCE

Les visiteurs de l’exposition con|FLUENCE créent des chemins basés sur les réactions à l’environnement tant social que spatial. Pour l’instant, le musée semble un peu vide. Des oeuvres d’autres artistes seront progressivement intégrées dans l’espace virtuel.

Pour visiter le musée, il n’est pas nécessaire de créer un compte. Après être entrés dans le musée virtuel, les visiteurs sélectionnent un avatar pour se déplacer à travers l’espace grâce au clavier ou à la souris. L’avatar est réduit à sa plus simple expression, plutôt forme que personnage. Les visiteurs ont la possibilité d’interagir avec d’autres utilisateurs grâce à une fonction de chat. Il est aussi possible de tenir des conférences virtuelles et des spectacles avec un maximum de 100 visiteurs.

Le musée a été créé avec le logiciel Unity 3D qui nécessite l’installation d’un plug in. Les visiteurs du musée virtuel peuvent l’explorer en utilisant leur navigateur Web.

http://broadmuseum.msu.edu/VBAM/

Promenade virtuelle dans un cimetière

Les cimetières sont des lieux intéressants, notamment ceux des grandes villes. Ils abritent des tombes de personnalités. Ils recèlent également des sculptures remarquables. De fait, ils sont souvent visités par des touristes. La ville de Lyon offre désormais la possibilité d’effectuer une promenade virtuelle dans le cimetière de Loyasse.

Cimetière de Loyasse

Cimetière de Loyasse

Cimetière de Loyasse

Le système de navigation est celui de Street View. En cliquant sur certaines tombes, on obtient des informations sur le monument. Il est aussi possible de voir l’intérieur de caveaux remarquables.

Visite virtuelle du cimetière Loyasse (Lyon)

Valentino lance son musée virtuel

La haute couture est sans conteste l’un des arts du 20ème siècle et elle mérite par là sa place dans un musée. En effet, certains vêtements sont devenus des références et marquent encore la création aujourd’hui. La mode fait souvent appel à des modèles plus anciens, revus au goût du jour.

Valentino vient d’ouvrir un musée virtuel pour présenter les modèles qu’il a créés. Ce musée se présente sous la forme d’un espace séparé en plusieurs salles, dont une salle d’entrée. On peut traverser plusieurs salles et découvrir des robes ordonnées selon certains critères: couleurs (noir, blanc, noir et blanc, rouge, broderies, motifs animaliers). Il est possible d’accéder à une fiche descriptive du vêtement. Cette fiche contient parfois une visualisation en 3D de la robe ainsi que les documents disponibles: images du défilé, articles de presse, couvertures de magazine, etc. Dans une galerie, on peut admirer des robes placées devant la photo d’une célébrité la portant et le dessin de Valentino. Ailleurs encore on a une bibliothèque où l’on peut accéder à l’ensemble du corpus, robes, photos, dessins compris. S’y ajoutent encre des films des défilés, des couvertures de magazine, des articles de journaux. Ce musée permet d’accéder à l’ensemble de l’oeuvre de Valentino et cela à travers plusieurs cheminements.

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Pour accéder au musée, il faut installer un logiciel sur l’ordinateur. Le décor de ce musée est un peu froid et sans originalité. On trouve les sempiternels espaces blancs et les plafonds de verrière. Les robes sont posées sur des mannequins manquant singulièrement d’âme. Cependant derrière ce musée, se trouve un système d’information bien construit. Les différents éléments sont reliés entre eux. Ainsi il est possible d’accéder à une documentation complète concernant un vêtement. On peut rechercher les photos selon les photographes. Pour les professionnels de la mode, c’est un outil de travail remarquable. Pour les profanes ou les fashionistas, cela permet de découvrir l’univers d’un couturier de manière simple.

http://www.valentino-garavani-archives.org

Rituel muséal

Le samedi 3 décembre, le Musée jurassien ouvrait ses portes après deux années de fermeture pour cause de rénovation et de refonte de l’exposition permanente. La nouvelle présentation des collections permet d’entrer dans le patrimoine jurassien à travers des clichés. Ainsi le terme “Tête de moine” conduit à une série de salles sur l’histoire religieuse du Jura aboutissant à une présentation spectaculaire de la crosse de Saint Germain, sans doute l’objet le plus précieux du musée.
On trouvera aussi une galerie consacrée à l’histoire du Jura jusqu’à la création du canton ainsi qu’une salle dédiée au jurassique, terme désignant une ère géologique qui a fait connaître le nom du Jura partout dans le monde (un peu grâce à Steven Spielberg). L’horlogerie et le cheval des Franches-Montagnes ne sont pas oubliés. Il n’y a pas de doute: ce musée est bien celui de l’identité jurassienne.
La conservatrice du musée, Nathalie Fleury, a renoncé aux traditionnels discours des autorités lors de l’inauguration et, à la place, elle a demandé à quelques personnalités d’apporter un objet répondant à deux critères: être contemporain et pouvant entrer dans les collections du musée. Mme la Ministre Elisabeth Baume-Schneider a offert, au nom du gouvernement jurassien, la machine à écrire utilisée lors des travaux de l’Assemblée constituante, qui avait pour tâche de mettre au point une constitution pour le nouveau canton. Cette machine, de marque IBM, avait coûté environ 16’000 francs suisses en 1976.

Machine à écrire IBM utilisée par l'Assemble constituante jurassienne en 1976

Alors que la présidente de la Bourgeoisie de Delémont a remis un appareil PSION permettant de calculer le cubage d’un tronc d’arbre, le maire de Delémont, Pierre Kohler, est venu accompagné de deux des derniers citoyens de la ville, les artistes Lala et Billy Boy, et a offert au musée un de leurs tableaux. Avant la remise de ces objets au musée, Laurent Flutsch avait expliqué comment les objets de notre quoditien pourraient devenir, dans 2000 ans, des pièces dans un musée archéologique.

Cette série de dons au musée évoquait le rituel par lequel un objet est sorti de la vie de tous les jours pour entrer dans une collection muséale dont il ne devrait jamais sortir. La mise en musée se fait par le biais de dons, de legs, d’achats ou, éventuellement, de trouvailles. C’est un acte radical, car l’objet perd sa valeur d’usage et acquiert une valeur patrimoniale. A travers cet acte, on donne à l’objet un sens nouveau, en principe partagé par la collectivité. Il est intéressant de rendre visible ce passage d’un état à l’autre, notamment lors de l’ouverture d’un musée. A travers le don de la machine à écrire de l’Assemblée constituante, on peut observer ce changement de statut. Cette machine obsolète aurait pu finir dans une décharge. En mettant en avant son association avec un événement historique, on lui redonne une nouvelle vie. Les témoins de la scène et les visiteurs du musée pourront se remémorer un moment important de l’histoire jurassienne en contemplant une simple machine à écrire. C’est la magie du musée.

Site Internet du Musée jurassien: http://www.mjah.ch/

Musées virtuels prêts à l’emploi

Les musées virtuels en 3 dimensions accessibles en ligne sont à nouveau d’actualité. Deux produits au moins sont disponibles. Ils permettent de créer des espaces d’exposition en ligne. Il y a tout d’abord un produit allemand: Kunstmatrix. Il offre trois types de compte. Un compte “Basic” permet de choisir une seule salle entre plusieurs modèles, correspondant à 400 m². On peut y mettre jusqu’à 35 tableaux et 3 sculptures. Il est aussi possible de conserver jusqu’à 200 oeuvres d’art. Une page de profil donne les informations essentielles sur l’exposition et l’artiste (ou le curateur). Enfin la galerie virtuelle s’intègre facilement dans un site Web. L’activation du service coûte 300 € auxquels il faut ajouter 25 € par mois pour la maintenance. C’est une offre idéale pour un artiste qui veut se présenter en ligne. Le compte “Professional” donne plus de possibilités: plus de salles disponibles, modularité de l’espace, gestion des collections et des expositions, présentation des expositions à venir, informations sur les artistes et les oeuvres, conservation de 2000 oeuvres d’art.  L’activation du service coûte également 300 € auxquels il faut ajouter 25 € par mois pour chaque salle. A partir de 3 salles, il est possible d’avoir une réduction. C’est une solution idéale pour présenter une collection de petite ou moyenne taille ou pour présenter plusieurs expositions en même temps. Avec le service “Premium”, il est possible d’avoir son propre bâtiment et des services individualisés ainsi qu’un nombre illimité d’oeuvres. Les prix sont sur demande. Sur le site de Kunstmatrix, il est possible d’accéder à des expositions déjà en ligne. Il est nécessaire d’avoir Flash pour les visiter. Ce n’est donc pas compatible avec les iPads.

Kunstmatrix

http://www.kunstmatrix.com/

Artsteps est une application assez semblable. Elle est aussi basée sur Flash. Elle a deux types de compte “Basic” et “Premium”. Tous deux sont gratuits actuellement (pour les 10’000 premiers inscrits). Le compte Basic ne permet d’avoir qu’une exposition permanente, alors que le compte “Premium” autorise la création d’expositions temporaires pour lesquelles il faut payer. Artsteps a créé sa propre monnaie (credit) dont on peut acquérir des espèces en payant avec Paypal. Cette monnaie permet ensuite de payer la location des salles, soit 2500 credits par mois. Il faut 10 € pour acquérir 5000 credits. Artsteps présente deux avantages: il offre la possibilité de publier gratuitement une salle d’exposition. De plus, il est possible de créer son musée virtuel directement en ligne. Nous avons testé Artsteps en archivant une des expositions présentées au Monastère dans Second Life:

http://arria.artsteps.com/pages/viewexhibition.aspx?exhibition=378

L’application est un peu lente parfois, mais ses fonctionnalités sont simples et intuitives. Le téléchargement des images et leur indexation sont simples. En ce qui concerne les objets exposés, on peut choisir différents types de cadre. La navigation est relativement aisée, même si les espaces sont parfois étroits.

Artsteps

http://www.artsteps.com/

Les deux applications permettent aussi d’exposer des objets en 3D. Malgré l’avantage de la navigation via un navigateur Internet et donc sans la nécessité de télécharger un logiciel supplémentaire, ces deux applications génèrent des expositions très standardisées. A mes yeux, Second Life ou Open Sim restent des alternatives intéressantes: on peut y construire soi-même son bâtiment avec beaucoup plus de possibilités, disposer les salles à sa guise, intégrer des textures. Les objets peuvent être animés. Second Life ou Open Sim sont aussi des réseaux sociaux qui permettent de rencontrer d’autres visiteurs, de discuter avec eux et, surtout, de travailler à des expositions à plusieurs directement en ligne. Et tout cela, pour un prix comparable en ce qui concerne Second Life (en tant que locataire) et même moindre en ce qui concerne Open sim où on peut obtenir un sim complet pour 20 à 40 US$, sans frais de mise en service.

Exhibition Famous Lovers in Second Life

http://slurl.com/secondlife/Monastery/172/108/99

En avant la musique!

Transformer l’iPad en un instrument de musique permettant à chacun, y compris ceux qui n’ont aucune notion de solfège, de jouer de la musique, tel est le but de l’application “Magic Fiddle”. Elle a été créée par Smule, qui a déjà produit Ocarina, qui transforme un iPad en flûte.

Avec Magic Fiddle, le iPad se transforme en violon. Un bref tutorial donne les bases nécessaires à l’éxécution de morceaux simples. On entraîne les arpèges et puis on se lance. Une série de pièces sont déjà disponibles dans l’application et il est possible d’en acheter d’autres. Parmi les morceaux disponibles: Pomp and Circonstance, l’Ave Maria de Shubert, le Canon de Pachelbel et divers airs de Noël.

Le tutorial attire l’attention du débutant sur l’importance de la position (debout) et sur la manière dont il faut tenir son instrument. Ce dernier comporte trois cordes.  La distance entre les cordes est réglable dans les paramètres. Il faut aussi jouer avec quatre doigts.

Magic Fiddle

Une fois le tutorial exécuté, il faut se lancer. Les notations musicales sont simples à comprendre: un petit trait de lumière vient frapper la corde à l’endroit où il faut jouer. C’est très simple et avec un peu d’habitude, les doigts “attrapent” les notes. L’application donne rapidement l’impression que l’on joue. Bien entendu, il s’agit d’une exécution un peu mécanique, rappelant les orgues électroniques pour enfants et leurs codes de couleurs.

L’application indique à l’utilisateur après chaque exécution combien de notes justes il a joué. Il lui accorde aussi une médaille de bronze, d’argent ou d’or. Cela permet de progresser, mais cela transforme aussi la musique en jeu d’habileté.

Comme Ocarina, Magic Fiddle est une application qui permet de partager son art avec le monde entier. Pour peu que l’on soit d’accord, ce qu’on joue est associé avec notre position sur le globe. D’autres utilisateurs peuvent essayer de trouver des musiciens sur la carte et les écouter. L’avantage, c’est qu’on réalise vite qu’il y a moins bon que soi …