Le futur des manifestations

Ce titre résume assez bien ma matinée à la Conférence Lift. J’ai tout d’abord participé à un atelier consacré aux changements induits par les nouvelles technologies dans l’organisation de conférences, de rencontres, animé par Gianfranco Chicco. Dans un passé récent, il fallait se déplacer physiquement pour assister à une conférence. Elle avait lieu dans un endroit bien circonscrit (un centre de congrès). Aujourd’hui, grâce à Internet, un cercle beaucoup plus large de personnes peuvent bénéficier des contenus qui sont présentées. Toute conférence qui se respecte a une plateforme Internet, qui peut être prolongée par diverses applications sur téléphone ou tablettes. Celui qui ne peut pas s’y rendre peut suivre les présentations et discussions sur le site, le plus souvent sous la forme d’un live stream. Les diaporamas sont mis en ligne. Les participants commentent ce qu’ils entendent sur leurs blogs (eh oui!) ou sur Twitter (#lift10). Le temps a éclaté aussi: la plateforme permet aux participants d’interagir entre eux avant le premier jour, quand ils n’organisent pas le contenu en faisant des propositions et en les soumettant au vote. Quel est donc encore l’intérêt de participer physiquement à une manifestation comme Lift? L’animateur de l’atelier l’a bien dit: si le contenu est important, c’est l’expérience qui est déterminante. Les organisateurs doivent tout entreprendre pour que les gens qui viennent assister à une conférence vivent une expérience (intéressante, inoubliable, …). Bien souvent, la qualité de cette expérience se joue en dehors des présentations. Il faut favoriser les rencontres entre les gens, éviter que les participants ne parlent qu’avec ceux qu’ils connaissent déjà. Il faut mettre en place des systèmes permettant aux gens d’apporter leurs contributions. Les manifestations ne sont donc pas mis en danger par les nouvelles technologie: leur statut d’expérience les enlève de la liste des institutions mis à mal par Internet. En même temps, leur impact devient plus grand, car le Web joue une caisse de résonance. Aujourd’hui nous pouvons tous profiter des conférences sur Internet les plus importantes en ne nous rendant qu’à certaines d’entre elles.

La première session de la journée a été consacrée à l’impact des réseaux sociaux dans le domaine de la politique. Rahaf Harfoush a travaillé dans l’équipe de campagne de Barack Obama. Elle nous a expliqué les principes sur lesquels elle se basait. L’horizontalité des réseaux sociaux a permis de gagner plus de citoyens à sa cause et de lever plus de fonds (67% des fonds proviennent de la plateforme Internet). En s’inscrivant sur la plateforme, on devenait membre d’un réseau social qu’on pouvait ensuite contribuer à étendre. Rahaf Harfoush a ensuite passé en revue d’autres cas d’utilisation des réseaux sociaux dans le domaine politique, qu’il s’agisse de mouvements de protestation, d’efforts des gouvernements de rendre leur action transparentes.

Claudia Sommer nous a parlé d’un sujet d’actualité. Webmanager de Greenpeace Allemagne, elle a montré comme cette ONG utilisait les réseaux sociaux pour ses campagnes. Greenpeace utilise plusieurs réseaux sociaux, mais a aussi mis en place sa propre plateforme, Green Action, à partir de laquelle il est possible de lancer des campagnes.

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