Université virtuelle

Apple a lancé en janvier une nouvelle application pour ses appareils mobiles: iTunes U. Cette application permet de suivre des cours provenant d’Université du monde entier ainsi que de collèges ou de divers institutions comme des musées ou des bibliothèques. Ces cours sont offerts sous forme de vidéos ou de podcasts. Parfois une documentation complémentaire est également disponibles. La majorité des contenus sont en anglais, mais on trouve certains cours dans d’autres langues comme le français (Collège de France par exemple) ou l’allemand.

iTunes-U

Les cours couvrent une grande variété de domaines: sciences, mathématiques, robotique, informatique, mais aussi histoire, archéologie, littérature, sciences sociales, etc. Il est possible de suivre des cours provenant d’universités prestigieuses comme Standford, Oxford. Quand on regarde le détail, il y a des cours introductifs, d’autres plus spécialisés. Les vidéos sont souvent des plans fixes, avec quelques diapositives. Parfois on a affaire à un montage plus soigné. Tous les cours sont gratuits. Dans certains cas cependant, le cours disponible dans iTunes U est un produit d’appel n’offrant que des extraits. Il faut acquérir le cours complet dans Apple Store.

Cette application ouvre des perspectives intéressantes dans le domaine de l’éducation. Elle ne remplacera certainement pas les instituts d’enseignement. Elle permet d’accéder au savoir depuis chez soi, de comparer les contenus pour choisir l’université ou le cours qui nous convient. Elle permet aussi de transformer le format des cours, de l’étendre. Une partie du cours se fera en classe, alors qu’une autre pourra être suivie à distance.

Valentino lance son musée virtuel

La haute couture est sans conteste l’un des arts du 20ème siècle et elle mérite par là sa place dans un musée. En effet, certains vêtements sont devenus des références et marquent encore la création aujourd’hui. La mode fait souvent appel à des modèles plus anciens, revus au goût du jour.

Valentino vient d’ouvrir un musée virtuel pour présenter les modèles qu’il a créés. Ce musée se présente sous la forme d’un espace séparé en plusieurs salles, dont une salle d’entrée. On peut traverser plusieurs salles et découvrir des robes ordonnées selon certains critères: couleurs (noir, blanc, noir et blanc, rouge, broderies, motifs animaliers). Il est possible d’accéder à une fiche descriptive du vêtement. Cette fiche contient parfois une visualisation en 3D de la robe ainsi que les documents disponibles: images du défilé, articles de presse, couvertures de magazine, etc. Dans une galerie, on peut admirer des robes placées devant la photo d’une célébrité la portant et le dessin de Valentino. Ailleurs encore on a une bibliothèque où l’on peut accéder à l’ensemble du corpus, robes, photos, dessins compris. S’y ajoutent encre des films des défilés, des couvertures de magazine, des articles de journaux. Ce musée permet d’accéder à l’ensemble de l’oeuvre de Valentino et cela à travers plusieurs cheminements.

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Valentino Garani Virtual Museum

Pour accéder au musée, il faut installer un logiciel sur l’ordinateur. Le décor de ce musée est un peu froid et sans originalité. On trouve les sempiternels espaces blancs et les plafonds de verrière. Les robes sont posées sur des mannequins manquant singulièrement d’âme. Cependant derrière ce musée, se trouve un système d’information bien construit. Les différents éléments sont reliés entre eux. Ainsi il est possible d’accéder à une documentation complète concernant un vêtement. On peut rechercher les photos selon les photographes. Pour les professionnels de la mode, c’est un outil de travail remarquable. Pour les profanes ou les fashionistas, cela permet de découvrir l’univers d’un couturier de manière simple.

http://www.valentino-garavani-archives.org

Rituel muséal

Le samedi 3 décembre, le Musée jurassien ouvrait ses portes après deux années de fermeture pour cause de rénovation et de refonte de l’exposition permanente. La nouvelle présentation des collections permet d’entrer dans le patrimoine jurassien à travers des clichés. Ainsi le terme “Tête de moine” conduit à une série de salles sur l’histoire religieuse du Jura aboutissant à une présentation spectaculaire de la crosse de Saint Germain, sans doute l’objet le plus précieux du musée.
On trouvera aussi une galerie consacrée à l’histoire du Jura jusqu’à la création du canton ainsi qu’une salle dédiée au jurassique, terme désignant une ère géologique qui a fait connaître le nom du Jura partout dans le monde (un peu grâce à Steven Spielberg). L’horlogerie et le cheval des Franches-Montagnes ne sont pas oubliés. Il n’y a pas de doute: ce musée est bien celui de l’identité jurassienne.
La conservatrice du musée, Nathalie Fleury, a renoncé aux traditionnels discours des autorités lors de l’inauguration et, à la place, elle a demandé à quelques personnalités d’apporter un objet répondant à deux critères: être contemporain et pouvant entrer dans les collections du musée. Mme la Ministre Elisabeth Baume-Schneider a offert, au nom du gouvernement jurassien, la machine à écrire utilisée lors des travaux de l’Assemblée constituante, qui avait pour tâche de mettre au point une constitution pour le nouveau canton. Cette machine, de marque IBM, avait coûté environ 16’000 francs suisses en 1976.

Machine à écrire IBM utilisée par l'Assemble constituante jurassienne en 1976

Alors que la présidente de la Bourgeoisie de Delémont a remis un appareil PSION permettant de calculer le cubage d’un tronc d’arbre, le maire de Delémont, Pierre Kohler, est venu accompagné de deux des derniers citoyens de la ville, les artistes Lala et Billy Boy, et a offert au musée un de leurs tableaux. Avant la remise de ces objets au musée, Laurent Flutsch avait expliqué comment les objets de notre quoditien pourraient devenir, dans 2000 ans, des pièces dans un musée archéologique.

Cette série de dons au musée évoquait le rituel par lequel un objet est sorti de la vie de tous les jours pour entrer dans une collection muséale dont il ne devrait jamais sortir. La mise en musée se fait par le biais de dons, de legs, d’achats ou, éventuellement, de trouvailles. C’est un acte radical, car l’objet perd sa valeur d’usage et acquiert une valeur patrimoniale. A travers cet acte, on donne à l’objet un sens nouveau, en principe partagé par la collectivité. Il est intéressant de rendre visible ce passage d’un état à l’autre, notamment lors de l’ouverture d’un musée. A travers le don de la machine à écrire de l’Assemblée constituante, on peut observer ce changement de statut. Cette machine obsolète aurait pu finir dans une décharge. En mettant en avant son association avec un événement historique, on lui redonne une nouvelle vie. Les témoins de la scène et les visiteurs du musée pourront se remémorer un moment important de l’histoire jurassienne en contemplant une simple machine à écrire. C’est la magie du musée.

Site Internet du Musée jurassien: http://www.mjah.ch/

Le sommeil

Nous passons tous environ un tiers de notre vie à dormir, bien que le nombre d’heures dont chacun a besoin est différent. La multiplication des activités a tendance à écourter notre sommeil, au point qu’Ariana Huffington s’était lancée comme défi de dormir plus.

Le sommeil est le thème choisi pour notre calendrier de l’Avent 2011. Le sommeil repos, le sommeil fatigue, le sommeil frère de la mort, le sommeil fragile de l’enfant, le sommeil des animaux, le sommeil faiblesse, le temps du rêve et du cauchemar, tels sont les thèmes que la peinture occidentale a traités en montrant des personnages endormis. En 24 peintures de grands maîtres ou d’artistes moins connus, on pourra découvrir cette activité qui occupe une part importante de notre existence.

Gustave Courbet (1819 - 1877), Le Hamac, 1844

Gustave Courbet (1819 – 1877), Le Hamac , 1844

A découvrir à partir du 1er décembre 2011:

Steve Jobs in the cloud

Quand ils écriront des livres sur la fin du 20ème siècle et au début du 21ème siècle, les historiens ne manqueront pas d’ajouter un chapitre consacré à cette génération d’entrepreneurs dans le domaine de l’informatique et, plus tard, de la téléphonie mobile, car ils auront contribué à changer le monde, plus profondément que bien des chefs d’état. Des entrepreneurs issus pour la plupart de la Silicon Valley et qui ont troqué le costume contre des jeans, un tee-shirt et des baskets. Ils ne sont pas forcément les inventeurs des technologies qu’ils ont contribué à diffuser, mais ils en ont compris les enjeux et ont su trouver leur place dans les marchés et, par voie de conséquence, dans nos vies.

Steve Jobs était l’un d’eux. C’est grâce à lui que l’informatique personnelle est devenue simple à utiliser. Grâce à lui, l’interface sèche du MS-Dos s’est transformée en un bureau convivial. La souris a permis d’interagir de manière plus intuitive avec un ordinateur. Cet appareil était destiné aux informaticiens, managers, geeks et autres gamers, des gens qui se s’embarrassent guère de considérations esthétiques. Steve Jobs en a fait un objet d’une grande beauté, qui suscite le désir (et un peu de consumérisme). Fini le bakélite jauni, l’écran verdâtre et le clavier bruyant. L’ordinateur peut désormais trôner dans un salon.

Steve Jobs a aussi compris ce qu’Internet a changé dans la consommation musicale. Il a su rendre légal, commercial et rentable une tendance qui avait démarré avec les plateformes d’échange de fichiers, assimilées à du piratage. Le potentiel des téléphones portables dans l’utilisation d’Internet semblait évident depuis un certain temps, mais qu’il se concrétise. Steve Jobs a su imaginer l’appareil qui allait changer radicalement la situation. Désormais Internet n’est plus seulement accessible via un ordinateur et les appareils permettant de le consulter vont en se multipliant. En dernier lieu, les tablettes. Elles existaient déjà. Là encore Steve Jobs a su matérialiser le modèle qui nous a fait pensé que les tablettes étaient vraiment utiles, voire indispensables.

Bien sûr, toute médaille a son revers. L’univers créé par Steve Jobs est loin du monde open source basé sur le partage et l’ouverture. Le monde d’Apple est fermé et monétarisé. C’en est même un paradoxe quand on pense qu’à une certaine époque, Apple représentait une alternative sympathique face au quasi monopole de Microsoft. Ce temps là est loin, car Apple a rattrapé Microsoft en terme de chiffre d’affaire. On n’en voudra pas à Steve Jobs d’avoir refusé la pornographie sur les iPhone. En même temps, cela revenait à contrôler le contenu d’une plateforme pratiquement publique.

L’heure n’est cependant pas aux reproches. Le temps du jugement viendra suffisamment tôt. La contribution de Steve Jobs au développement de notre écosystème informationnel aura un impact durable. Il est parti jeune et il aurait certainement encore mis sur le marché des appareils fascinants s’il avait vécu plus longtemps. En même temps, il a inspiré toute une génération, dans son entreprise et en dehors. Son oeuvre lui survivra et se développera encore à travers tous ceux qui essayeront de marcher dans ses pas de géant. Pour paraphraser le titre d’un livre consacré à un moteur de recherche célèbre, ceux qui réfléchissent à l’intégration des technologies de l’information dans nos vies devront se demander, devant un problème: “qu’aurait fait Steve Jobs?”.
Tous les héros finissent par se fatiguer. Steve Jobs est parti au faîte de sa gloire, à son akmè, comme disait les Grecs. A coup sûr, il va devenir une icône et le processus vient de démarrer, à voir tous les témoignages qui ont fusé sur les homepages du monde entier. Qu’il repose en paix dans le “cloud” éternel.  Que de là, il continue à nous inspirer et à changer le monde.

Les deux commandements

Steve Jobs au paradis: les modes de communication s'en trouveront peut-être changés

Curateur, l’avenir du Web

Tout le monde connaît Paper.li. Cette application fabrique un journal à partir des personnes que l’on suit dans Twitter. Le résultat est toujours intéressant. Néanmoins quand on lit une édition, il y a parfois des articles que l’on n’aurait pas repris. Il est possible de paramétriser Paper.li, mais pas jusqu’au niveau de l’article. Pour parvenir à monter soi-même son journal, il faut utiliser Scoop.it.

Scoop.it

Cette application permet de choisir dans une liste créée à partir de requêtes dans Google et dans diverses plateformes des articles que l’on souhaite mettre en ligne. On peut même modifier le texte ou changer l’image. Il est aussi possible de déplacer les articles sur la page. L’application permet la gestion des sources également: on peut déterminer les mots-clés à rechercher ainsi que les services et plateformes dans lesquels l’application va chercher des informations.

http:www.scoop.it

Par rapport à Paper.li, Scoop.it permet d’être véritablement un curateur. Les informations ne sont pas assemblées par un algorithme, mais par une personne. L’application aide dans deux tâches fastidieuses: la mise en page et la recherche d’information. Le reste, c’est un cerveau humain qui le fait. Le Web comporte tellement d’informations que des algorithmes seuls ne peuvent pas rendre ces informations plus accessible. Il faut – encore et toujours – faire appel à l’intelligence humaine. On peut devenir des curateurs de toute cette matière informe qui ne demande qu’à être canalisée.

 

La 3D pour les nuls

Une mesh est un objet tridimensionnel constitué de polygones sous forme de fil de fer. Des outils de modélisation graphique tel que Blender permettent de réaliser ces objets filaires. Blender est un logiciel open source. Il est unanimement considéré comme performant. Cependant son utilisation requiert une certaine compétence. La firme Pixologic offre maintenant un outil gratuit appelé Sculptris. Ce logiciel porte bien son nom, car il permet de sculpter une forme qui est au départ une sphère. Il est possible d’ajouter plusieurs boules et de composer des objets ou des créatures complexes. Une fois l’objet terminé, on peut le texturer.

Créature éditée avec Sculptris

Le logiciel a une interface intuitive. Il est disponible pour PC et MAC. Les objets créés peuvent être exportés vers ZBrush, l’outil correspondant pour professionnels. Ils peuvent aussi être intégrés dans des mondes virtuels. Actuellement on peut déjà les reprendre dans Blue Mars. Quant à Second Life, il compte offrir prochainement la possibilité d’importer des meshs.

Liens:

Il était une fois un petit lapin

Mauvaise nouvelle pour les propriétaires de Nabaztag. Les serveurs de la société Mindscape se sont éteints suite à des difficultés financières. Est-ce que les petits lapins allaient prendre la poussière sur des étagères, se cantonner au rôle d’objet design?

Nabaztag Tag

C’est sans compter la compétence et l’inventivité des fans des lapins blancs. La société en déroute a publié code source. Avant même que les serveurs de Mindscape soient déconnectés, des serveurs alternatifs étaient déjà disponibles. Certains reprenaient les fonctionnalités du Nabaztag comme la lecture de flux RSS ou l’alerte email. D’autres repensaient l’utilisation du lapin. Ainsi le service gratuit Nabizdead, qui en est au stade très expérimental, projette de créer un Twitter des lapins. La connection du lapin est très simple. Il faut ensuite créer un compte sur Nabizdead pour envoyer des messages. Ces derniers sont lus par les lapins connectés à ce moment-là. On entend beaucoup de “Bonjour” et de “Hello”, mais c’est très amusant. Ce d’autant plus que le lapin peut décider de lire un de ces messages sans qu’on l’ait demandé. Sinon il suffit d’un clic sur le bouton supérieur pour écouter un message. Il existe aussi une possibilité d’échanger des messages privés, mais pour cela il faut connaître le numéro de série de l’autre personne. Une fonctionnalité permettant aux propriétaires de lapins de se connaître reste à créer, une sorte de Rabbitbook. Les créateurs de Nabizdead ont aussi créé une Application Programming Interface (API) pour ceux qui voudraient créer des applications supplémentaires.

On verra ce que deviennent ces lapins. J’imagine qu’on en créera plus de nouveaux et qu’il y aura plus de support pour ceux qui existent. C’est tout de même intéressant d’observer la survie de ces lapins, voire leur mutation. Peut-être même que d’autres créatures les rejoindront dans un Internet des objets sociaux.

Liens

Un coin paumé

Bombay Beach était une station balnéaire célèbre dans les années 50. Située au bord d’un lac salé en Californie du Sud, elle est aujourd’hui victime de la pollution qui touche ce lac, le Salton Sea. Ce lac est un peu particulier, car il est né à la fin du 19ème siècle quand, au cours d’un crue importante, les eaux du Colorado se sont déversées dans une vallée désertique. Immédiatement des agriculteurs se sont installés autour de ce lac. Une seconde crue au début du 20ème siècle a considérablement agrandi l’étendue d’eau. Dans les années 50, des vedettes californiennes venaient y profiter des plages. Aujourd’hui, à cause de la pollution qui asphyxie les eaux du lac, la région se dépeuple et les agglomérations se transforment peu à peu en villes fantômes.

Les applications géographiques de Google permettent à chacun de découvrir ce lieu hors du temps sans se déplacer. Google Maps permet d’observer depuis le ciel les rives du lac et de voir les plans des villes dont certaines n’ont jamais été terminées.

Salton City dans Google Maps

Salton City semble plus grande depuis le ciel qu’elle ne l’a jamais vraiment été. En effet, la plupart des routes aménagées n’ont jamais été bordées de maisons. La ville ne s’est pas développée comme cela avait été prévu.

Vue aérienne de Bombay Beach

Bombay Beach était la station la plus célèbre du lac. Aujourd’hui de nombreuses maisons ont été abandonnées par leurs habitants.

Etrangement Google a envoyé sa fameuse voiture pour prendre des images de cette ville perdue pour l’intégrer à Google Street View. Il est possible d’en parcourir les rues désertes.

Ombre de la voiture Google

Ici on aperçoit l’ombre de la voiture Google avec son antenne bien reconnaissable.

Un hôtel de Bombay Beach

Ici on longe une rue de Bombay Beach avec un hôtel.

Digue

Une digue sépare la ville du lac que l’on aperçoit au loin.

Un documentaire, primé dans plusieurs festivals de cinéma cette année, permet de découvrir ce coin paumé des USA sous un jour poétique.

 

Ne manquez pas l’éclipse de lune

On ne réjouissait de pouvoir observer une éclipse totale de lune, d’admirer une lune rousse dans le ciel noir. Le ciel nocturne est voilé. Manque de bol! Grâce à Internet, il est possible de voir tout de même notre satellite coloré de rouge. Un site permet de visualiser les images prises par des télescopes répartis dans le monde.

Eclipse de lune sur Slooh

Slooh est une société qui permet aux astronomes amateurs d’utiliser à distance des télescopes (source).

http://eclipse.slooh.com/ (http://www.slooh.com/)

Par ailleurs, Google a publié sur sa page une animation montrant le phénomène de l’éclipse.

Eclipse sur Google