Catégories
Culture Musée virtuel

Un musée pas très virtuel

En vacances en famille à Lesbos, j’ai voulu visiter le musée archéologique de Mytilène. Ce musée est constitué de deux sites, l’ancien (un très beau bâtiment) et le nouveau. Munie d’un appareil photo et d’une caméra vidéo, je me suis présentée à l’entrée. En achetant mon billet, j’ai tout de suite remarqué l’affichette interdisant toute prise de vue. En entrant dans le musée, je me suis retrouvée entourée du personnel pléthorique, veillant au grain. Seules les collections préhistoriques étaient photographiables, mais sans flash. En règle général, ces témoignages du passé le plus ancien n’intéressent pas grand monde. Par la fenêtre, j’avisai le magnifique lapidaire dans le jardin. Je m’y rends. J’ai pensé qu’on pouvait photographier ce qui était à l’extérieur, essentiellement des éléments architecturaux et des inscriptions. Mais on m’a laissé prendre en photo seulement le grand lion monumental datant de l’époque romaine. J’ai demandé pourquoi je ne pouvais pas photographier ces éléments et les gardiens m’ont expliqué qu’ils avaient des consignes claires: ces pièces n’étaient pas photographiables parce qu’elles n’étaient pas encore publiées.

Je me suis rendue dans le nouveau musée, financée par la Grèce et la Communauté européenne, qui présente des mosaïques et des sculptures avec une muséographie remarquable. Les éclairages des pièces sculptées notamment les mettent particulièrement bien en valeur. On y trouve aussi une série de mosaïques présentant des scènes de théâtre. Dans cette partie moderne, c’est le même scénario qui s’est joué. Les prises de vue étaient strictement interdites. Le personnel nous a suivis dans toutes salles. La même excuse nous a été donnée. A la fin, on m’a tout de même autorisée à photographier des dessins d’enfants exécutés lors d’une activité pédagogique du musée.

Bien entendu, au terme de la visite, un beau guide est à vendre! Il existe bien des politiques différentes dans les musées, quand il s’agit d’autoriser les visiteurs à prendre des images. Habituellement on laisse les gens prendre ce qu’ils veulent en image, mais sans flash. Les vitrines et autres obstacles se chargent d’éviter tout résultat probant. Mais pour les visiteurs ces images sont une manière de s’approprier les objets du patrimoine, de les garder en mémoire et surtout de les partager. Hier cela se faisait au cours de mémorables soirées dias. Aujourd’hui, on utilise des sites de partage de photos comme Flickr et on laisse le monde entier voir ses images. Les musées devraient comprendre que c’est dans leur intérêt: en effet, cela crée du buzz, l’équivalent web du bouche à oreille. Vous pouvez chercher longtemps des traces du musée archéologique de Lesbos dans des sites Web 2.0, vous n’en trouverez guère…
Je peux comprendre qu’on soit réticent à laisser photographier des objets non publiés. On risque de les voir publier par quelqu’un d’autre (une antique crainte des archéologues). Il faut tout de même admettre que placer un objet dans un musée, c’est aussi une manière de le publier. Il devient public et donc chacun devrait pouvoir le photographier et même le partager, ce d’autant plus que ces objets sont à double titre dans le domaine public: les droits d’auteur sont tombés depuis longtemps et les fouilles sont financées le plus souvent par des fonds publics. Enfin si l’on peut admettre que le découvreur a une priorité pour publier ses découvertes, il n’a pas le droit moralement de se garder des objets à publier jusqu’à sa retraite et au-delà. Il y a bien assez d’étudiants en archéologie et d’archéologues diplômés pour qu’on se partage le travail. Personnellement je considère qu’après un délai de 5 à 10 ans, les objets non publiés et pour lesquels aucune étude n’a été entreprise doivent être accessibles à tous et surtout à la communauté scientifique, pour trouver des personnes qui se chargeront de leur publication.

Bref, si le musée de Lesbos présente agréablement ses collections, ses responsables ont encore beaucoup à apprendre sur la diffusion du patrimoine sur Internet. Ils pourraient faire connaître leur institution à peu de frais.

http://www.lesvos.co.uk/museums/archaeological.htm

Pour une vue d’ensemble du patrimoine grec, voir l’excellent site Odysseus, publié par le Ministère de la Culture:

http://odysseus.culture.gr/

Catégories
Art numérique Culture Musée virtuel

Pour comprendre l’art

Pour comprendre des oeuvres d’art, il est essentiel d’être capable de les décoder. Le MOMA (Museum of Modern Art de New Yor) offre désormais un site permettant aux adolescents de mieux comprendre la démarche artistique. Ce site, intitulé Red Studio, comporte des explications sur des sujets susceptibles de les intéresser, comme la créations d’images de synthèse avec un interview d’un collaborateur du studio Pixar. Il donne aussi la possibilité de comprendre ce que fait un artiste en le faisant soi-même. On peut donc réaliser des collages, des images aux rayons X à partir d’objets. Une petite application génère des poèmes dadaïstes avec des articles de journaux.

Ce site est attractif, mais dans un certain sens, il ne va pas assez loin. Tout d’abord les applications offertes manquent d’originalité: le collage, par exemple, est un classique des sites de musées et des CD-ROM ludo-éducatifs. L’application elle-même est très limitée et donne pas de résultats très probants. Pourquoi ne pas laisser les utilisateurs travailler à partir de leur fichiers numériques. Ensuite, on invite des ados à créer, mais sans donner accès au résultat en ligne. Explorer la démarche artistique devrait aller jusqu’au bout, ce qui suppose de soumettre son oeuvre au regard des autres.
Bref, c’est bien-pensant et sans prise de risque. On reste un peu sur sa faim.

http://redstudio.moma.org/

Catégories
Culture Musée virtuel

Musée sans frontières

Il existe finalement peu d’exemples de véritables musées virtuels, soit qui sortent de la logique purement institutionnelle ou alors qui mettent en réseau plusieurs musées et qui, en même temps, accordent une grande importance à la valorisation de leur collection. Le Musée sans frontières en est un, de grande qualité. Il est doté d’une banque de données consultable en ligne, dans laquelle il est possible d’effectuer des recherches au moyen de mots-clés. Pour chaque objet, on a une fiche détaillée et une image avec une fonction zoom. La collection elle-même provient de plusieurs musées situés dans différents pays européens et du pourtour méditerranéen. Actuellement, elle est centrée sur l’art islamique.

De plus, le Musée sans frontière présente, à partir de sa collection, des expositions virtuelles sur des thèmes très divers, comme le pèlerinage, la calligraphie arabe, l’eau, le jardin et la flore dans l’art islamique, etc… Chaque exposition virtuelle est constituée de textes et d’images des objets tirées de la banque de données. On peut regretter l’absences de présentations dynamiques comme des frises chronologiques ou des animations flash. Il n’y a pas non plus de possibilités d’interactions pour le public, comme des commentaires, des appréciations ou de l’indexation populaire (folksonomie).
Le projet de ce musée virtuel, soutenu notamment par l’Union européenne et Euromed Heritage, embrasse aussi d’autres domaines comme le tourisme (avec des tours organisés), l’édition de livres et l’éducation (partenariats avec des écoles). Cela montre bien qu’une fois qu’on a pu réunir une riche collection sur une plateforme unique, il est possible de la valoriser de diverses manières.

http://www.discoverislamicart.org/

Catégories
Culture Musée virtuel

Valorisation du patrimoine et musée virtuel

Francesco Antinucci, directeur de recherche à l’Institut des sciences et technologies de la connaissance du CNR (Italie), vient de sortir un livre consacré à la question du musée virtuel. Il commence sa réflexion par une analyse critique des musées actuels, en se demandant si ces institutions constituent le bon outil pour atteindre le but que la société leur a dévolu. L’ouvrage se restreint à l’Italie, un pays dont le patrimoine est d’une rare densité. L’auteur s’intéresse tout d’abord aux statistiques de visite des sites. Le nombre des visiteurs croît régulièrement en Italie (passant de 25 à 33 millions de visiteurs entre 1996 et 2005), mais ces visiteurs ne se répartissent absolument pas de manière homogène à travers l’offre à disposition. En effet, sur un échantillon de 400 musées environ, 2% des musées (soit 9 institutions) captent la moitié des visiteurs et 8% des musées (soit 33 institutions) reçoivent 75% des visites. Selon l’auteur, il s’agit d’une situation typique d’oligopole en économie : quelques producteurs absorbent la majorité du marché, laissant des miettes aux autres. Et si cela fonctionne, c’est essentiellement parce que ces producteurs ont réussi à imposer leur marque. Ainsi les gens se rendent dans un musée parce qu’il est connu, plus que pour son contenu.

Pour vérifier cette affirmation, il faut évaluer les connaissances acquises par les visiteurs au cours de leur visite. Une telle étude a été menée aux Musées du Vatican. On présente des images de tableaux aux visiteurs, en leur demandant de les reconnaître. 9% reconnaissent les différentes œuvres, 35% un seul tableau. Il s’en trouve plus de 20% pour reconnaître les images de tableaux qui n’étaient pas présents dans le musée. Francesco Antinucci évoque aussi la problématique des expositions événements très à la mode. Finalement, pour lui, le problème de fond est que le musée ne communique pas sur les œuvres. Il se contente de les présenter, les unes à côté des autres, parfois dans des locaux mal adaptés, ou alors dans des expositions qui attirent les foules.
Comment dès lors rétablir cette communication de l’œuvre. Il se met donc à chercher la solution du côté des technologies de l’information et de la communication. Là aussi, il faut se méfier des évidences. La technologie n’est pas une fin en soi et il faut savoir l’adapter à l’objet. Le problème est que les ingénieurs ne connaissent pas bien l’art, mais veulent montrer leurs possibilités, alors que le personnel des musées éprouve une certaine réticence à l’idée de recourir à l’informatique et à la numérisation. Dans le domaine de l’adaptation des technologies de l’information aux musées, des recherches devraient être entreprises. Un des espoirs de l’auteur est qu’un pays comme l’Italie, si richement doté en œuvres d’art, acquière un leadership dans ce domaine.
Mais alors comment utiliser ces technologies ? L’auteur parcourt les possibilités qui existent déjà et envers lesquels il montre une certaine sévérité. Le site Web d’un musée, la visite virtuelle des salles ou le catalogue en ligne n’apportent pas, à ses yeux, de réelle valeur ajoutée. Selon lui, le musée virtuel est une projection communicationnelle tout azimut du musée réel. Sa communication est centrée autour de l’œuvre. Il imagine que ce sont les technologies de l’imagerie de synthèse qui permettraient de recréer des environnements, qui ne seraient pas les salles fermées du musée, dans lesquels l’œuvre peut à nouveau communiquer avec celui qui l’observe.

Ma définition du musée virtuel ne correspond pas vraiment à celle de Francesco Antinucci. Le musée virtuel est celui que le visiteur peut créer lui-même, par divers moyens. Le premier « outil » était l’imagination humaine : c’est le musée imaginaire de Malraux. Internet permet de recréer à l’infini des infinités de collections d’œuvres et d’objets, suscitant des confrontations nouvelles. Le musée virtuel permet lui aussi un jeu, un commentaire et une réappropriation des œuvres (grâce aux moteurs de recherche et aux outils du Web 2.0). Le musée virtuel de Francesco Antinucci ressemble plutôt à une « machine à voir ». J’avais rencontré, dans mes lectures, un projet assez fou d’un compactus géant qui permettait d’amener mécaniquement des œuvres dans une petite salle dans laquelle il était possible de les observer à loisir. Il est clair que l’imagerie de synthèse permet cela. On pourrait remettre la Joconde à Chenonceaux, au-dessus du lit de François 1er, réassembler des tableaux provenant de retables, replacer les portraits dans des salons. Ainsi le visiteur comprendrait mieux le sens de ces images et le contexte de leur production. Mettre des dizaines de chefs-d’œuvre côté à côte, c’est une excellente manière de les faire passer inaperçus. Au fond le message fondamental de cet ouvrage est simple : plutôt que de se demander s’il faut des musées réels ou des musées numérisés, il faut voir quelle est la meilleure manière de valoriser le patrimoine culturel. Et dans ce domaine, la réponse devrait être très ouverte.

http://www.laterza.it/scheda_libro.asp? … 8842082866

Catégories
Culture Musée virtuel

Patrimoine immatériel

Le Pays de Galle s’est doté d’un site remarquable, intitulé Rhagor, dont le but est la promotion des différents musées abritant les collections nationales. Il a une approche transversale. Au lieu de présenter les collections, il présente diverses thématiques. Il offre des articles mettant en valeur certaines pièces. Il comporte des fonctionnalités intéressantes, comme des liens vers Google Map. Il appelle même les Gallois à participer au contenu, en envoyant des images numérisées représentant des gens au travail.
Mais son grand mérite est de donner une place au patrimoine immatériel du Pays de Galle. Pour mémoire, l’UNESCO considère que le patrimoine ne se restreint pas aux objets, mais est aussi constitué d’éléments qui ne se matérialisent pas: chants traditionnels, rituels, danses, etc. L’UNESCO a donc entrepris une campagne pour sensibiliser les responsables du patrimoine à cette question et a également établi une liste des traditions à préserver. On peut discuter de l’intérêt de cette liste, dont le risque est de scléroser des éléments qui sont en perpétuelle évolution. Il faut cependant reconnaître que le patrimoine immatériel est fragile.
Le site Rhagor offre donc la possibilité d’écouter des contes, dans la langue du pays, dit par des conteurs venant de tout le pays. Une carte indique les lieux de provenance de ces différents conteurs. On obtient une indication sur le conteur, puis des liens vers ses histoires.

Cette carte est assez remarquable, car elle met en parallèle des éléments aussi matériels que des musées et aussi fugaces que des histoires contées. Elle représente vraiment la multiplicité du patrimoine.

http://www.museumwales.ac.uk/en/rhagor/

UNESCO, patrimoine universel: http://portal.unesco.org/culture/fr/ev. … N=201.html

Catégories
Culture Musée virtuel

Musée virtuel par les visiteurs

Le site Flickr.com contient plus de 150’000 images avec le mot-clé Louvre. Beaucoup de ces photos représentent la cour du Palais du Louvre ou la Pyramide. En ce qui concerne les oeuvres, la Joconde et la Vénus de Milo ont la place d’honneur. Le mot-clé MOMA (Museum of Modern Art, à New York) permet d’accéder à 85’000 images environ. Plus loin, on a le Metropilitain Museum de New York, les musées Guggenheim, la Tate Gallery.Ce ne sont pas moins de 700’000 images à qui on a attribué le mot-clé de musée. Visiblement les visiteurs de musées apprécient de partager leurs images, leurs impressions. C’est peut-être ce phénomène qui a inspiré les initiateurs du site Photomoma.

Il s’agit ni plus ni moins d’un musée virtuel constitué non pas par le musée, mais par les visiteurs du MOMA. Ceux créent une image parallèle, alternative, donnant leur propre vision du musée et surtout des oeuvres qui s’y trouvent.
Les initiateurs du site, un directeur artistique et un spécialiste de l’enseignement à distance, cherchent à illustrer les changements qu’impliquent Internet dans le regard sur l’art.
En effet, les musées donnent, à travers leurs sites et publications, une images d’eux-mêmes et des oeuvres qu’ils abritent. Aujourd’hui les visiteurs publient leur propre vision, qui a sa valeur propre. C’est ainsi qu’on peut voir les salles encombrées des grands musées, les foules qui se pressent devant certaines oeuvres, les appareils photos brandis main levée pour pouvoir tout de même prendre l’oeuvre pour laquelle on a fait un long voyage. Quant aux oeuvres, chacun y va de son cadrage et, quand c’est possible, de sa mise en scène.

Photomoma: http://photomoma.org/

Site officiel du MOMA: http://moma.org/

Catégories
Culture Musée virtuel

Tout sur Chicago

La ville de Chicago a sa propre encyclopédie, en deux versions, l’une imprimée et l’autre en ligne. Toutes deux ont été développées en parallèle. La version numérique est accessible gratuitement et est d’une richesse extraordinaire. Tous les articles, allant de la présentation de personnages historiques à celle du club des Chicago Bulls (une encyclopédie se doit d’être complète), ont été écrits par des personnes autorisées (universitaires). La version en ligne offre bien entendu des plus, comme un dictionnaire biographique, une frise chronologique, des cartes et même des articles (essais) composés à partir de plusieurs documents du site. Elle offre aussi des vidéos de très vieilles séances filmées (notamment par Thomas Edison ou des personnes de sa compagnie), des cartes et des documents photographiés en haute résolution et « zoomable ». Parmi ces documents, on trouve aussi bien des photos que des articles de presse.
Telle qu’elle se présente sur Internet, cette encyclopédie a une présentation qui est inspirée de la version imprimée (ce qui est toujours le danger dans ce type de projet). Le meilleur signe en est peut-être l’entrée principale sous forme d’un index alphabétique. On aurait préféré d’autres types de menu ou de navigation: frise chronologique, carte et thèmes (histoire, économie, industrie, …). On peut aussi regretter la coexistence de sources de données différentes: en effet, le dictionnaire biographique devrait être fusionné avec l’ensemble des articles et ses notices développées. C’est probablement la modélisation des données qui se trouvent derrière l’encyclopédie qui est à revoir pour une prochaine version. Enfin, la participation du public n’est pas du tout requise. Pour une encyclopédie au niveau d’une ville, cela donnerait pourtant des résultats intéressants, notamment dans l’identification de lieux et de personnes sur des photos*.

Sur ce site, il y a un document présentant un grand intérêt dans le domaine de la présentation d’information. Il s’agit d’une carte de la ville indiquant les endroits où des troubles sociaux ont eu lieu en 1886. Cette carte est cliquable et elle permet d’obtenir diverses informations concernant un lieu précis: des données sur l’entreprise concernée, des données démographiques provenant de recensements officiels, les articles de presse. De tels exemples, on en redemande!

http://www.encyclopedia.chicagohistory.org/

Carte interactive: http://www.encyclopedia.chicagohistory. … 10002.html

* un exemple de demande d’aide au public pour l’identification de personnes sur des photographies:

http://foto.clarelibrary.ie/fotoweb/Gri … iveId=5011

Catégories
Culture Musée virtuel

Photos de musées

Les musées virtuels trouvent des voies étranges pour se construire. En voici un exemple. L’Agence photographique de la Réunion des musées nationaux a accumulé de nombreuses images d’oeuvres d’art et d’objets provenant du groupe de musées dont elle dépend. Elle met maintenant à disposition, sur Internet, 200’000 photos.

Cette collection virtuelle réunit des oeuvres provenant des plus grands musées de France et d’autres plus modestes. On peut l’utiliser de plusieurs manières. Un outil de recherche permet de trouver des oeuvres selon les artistes, des mots-clés, par musée ou fonds. On peut même exclure des mots-clés pour affiner la recherche.
Le site offre aussi une série de portfolios thématiques intéressants: le corps sous toutes ses formes, le vélo, les pieds, les couleurs, etc…
Le site a un autre but. Il permet à des professionnels (personnel d’autres musées, éditeurs, journalistes, …) d’acquérir des photos que l’on peut commander grâce à un formulaire.

Ce site, sobre, est très attractif. Il est plus simple à utiliser que la Base Joconde, le catalogue en ligne des Musées nationaux. Il offre une grande variété d’objets et d’oeuvres. Un regret cependant: le site n’offre pas de possibilité d’interaction pour le public, comme l’indexation sociale (folksonomy) ou la création de galeries publiques. Il existe cependant un dossier personnel assez sophistiqué, permettant de gérer des dossiers d’images (puis de les commander).

Agence photographique de la Réunion des musées nationaux: http://www.photo.rmn.fr

Base Joconde: http://www.culture.gouv.fr/documentatio … r/pres.htm

Catégories
Musée virtuel Tendances

Frise chronologique

La frise chronologique (timeline en anglais) est une bande correspondant à une échelle temporelle, que l’on peut dérouler dynamiquement sur l’écran et qui contient des informations placées le point ou la période correspondants de l’échelle temporelle. Il peut servir à présenter des objets, des civilisations, des événements selon une logique chronologique. En français, on parle de frise chronologique. Ce type de représentation peut être utilisé sur des sites muséaux pour situer des oeuvres ou des objets ou sur des sites éducatifs, afin de présenter une succession d’événements historiques.

Exemples:

* Frise chronologique des naufrages: http://nadl.tamu.edu/
* Frise chronologique du MET: http://www.metmuseum.org/toah/splash.htm (excellente réalisation)


Extrait de la frise chronologique du MET

En fait, une frise chronologique peut servir à toute présentation chronologique, qu’il s’agisse des étapes d’un projets ou d’un agenda.

Le projet SIMILE, qui réunit des institutions du MIT, cherche à mettre à disposition des outils Web basés sur des standards. Les développeurs du projet ont créé un script de timeline que chacun peut utiliser à distance. Cela rend aisé la création de frises chronologiques:

Tutorial: http://simile.mit.edu/timeline/docs/cre … lines.html

Projet SIMILE: http://simile.mit.edu

Voici une frise chronologique réalisée grâce à ce script et retraçant quelques péripéties des explorations relatées dans ce blog.

http://www.be-virtual.ch/timeline/Timeline.html

Catégories
Bibliothèque virtuelle Culture Livre Musée virtuel Usages

Les ruines de Pompéi

Bricks est un projet financé par la Communauté européenne, dont le but est l’encouragement à la digitalisation. Parmi les réalisations de ce projet, on trouve une bibliothèque digitale permettant de retrouver des documents provenant d’anciennes publications sur Pompéi: « The Fortuna Visiva of Pompeii ». Pour accéder aux documents, il faut cliquer sur un plan de Pompéi. Il s’agit le plus souvent de dessins faits par des archéologues au 19ème siècle, reproduits dans leurs publications. Ces ouvrages sont très difficilement accessibles aujourd’hui et ils sont pourtant encore utiles, ne serait-ce que parce qu’ils témoignent du site dans un état de conservation différent d’aujourd’hui. En outre, ces dessins anciens représentant des monuments, des peintures, des mosaïques, sont remarquables.

http://pompeii.brickscommunity.org:8080/BricksPompei/

Tout louable que soit ce site, il n’en présente pas moins quelques faiblesses. Son ergonomie n’est pas aisée. La carte est muette: elle ne donne aucun nom de maison ou de monument. Il faut donc soit connaître Pompéi comme sa poche, soit y aller au hasard, soit encore disposer d’un autre plan, parlant celui-là. Il est possible de rechercher les documents grâce à un formulaire, mais ce dernier ne dispose d’aucune aide. En principe, il devrait offrir des menus déroulants ou des listes de mots-clés. Enfin, vu la beauté des dessins et le fait qu’ils sont clairement dans le domaine public, on peut regretter que la version agrandie soit affublée d’un grand P renversé, pour éviter que les images soient réutilisées dans d’autres contextes.

;-)Le plus cocasse, dans cette affaire, c’est qu’un des ouvrages qui est le plus souvent référencé dans le site « The Fortuna Visiva of Pompeii », « Les ruines de Pompéi » par F. Mazois, est disponible dans la nouvelle bibliothèque numérique européenne Europeana:

http://www.europeana.eu/Search?q=Mazois … 10&p=1

On peut consulter aussi bien les pages scannées que le texte numérisé. Mais le lien avec le plan de Pompéi n’existe pas. Rien n’est parfait, même dans le monde virtuel.

Le plus difficile, dans le domaine des projets de digitalisation, c’est de donner un accès aux documents en grande masse. La carte est un excellent moyen, mais dans le cas qui nous occupe , cette carte n’a pas les fonctionnalités requises: légende, passage vers une image satellite, etc.. En outre, il faut créer des outils capables d’intégrer constamment de nouvelles couches d’informations. Un des excellents exemples est celui des applications géographiques de Google. Elles sont prévues pour permettre la connection avec d’autres sources de données. Nous avions déjà mentionné ce développement d’un ingénieur de Google, assurant le lien entre des lieux mentionnés dans un livre et la carte. Si on me demandait mon avis, je dirais que dans le cas d’un site comme Pompéi, il faudrait tout d’abord créer un plan de référence, accessible à tous et sur lequel différentes équipes de chercheurs pourraient greffer leurs propres informations.

Bricks Project: http://www.brickscommunity.org/